A ne pas manquer : le nouveau feuilleton UMP

Je sais, c’est pas très original d’écrire un édito là-dessus, tous les journaux se sont déjà emparés de l’énormité, mais je ne peux pas m’en empêcher, alors voilà, je vous le donne en mille : j’ai moi aussi envie d’exprimer mon indignation sur les chamailleries qui titillent ces jours-ci les deux grands hommes politiques humanistes que sont Copé et Fillon. Mea culpa, je n’arrive pas à résister à l’occasion de tendre un énième doigt d’honneur à ceux qui, il y a pas si longtemps, étaient à la tête de notre gouvernement… A croire que ces éléphants de l’UMP, en mal de renommée, ne savent plus quoi inventer pour faire parler d’eux… (et ça marche !)

Plus qu’une bagarre entre couilles sur ring bleu blanc rouge, c’est à une vraie sitcom qu’on à l’impression d’avoir à faire ! On y retrouve tous les ingrédients d’un soap opéra super bien ficelé avec un scénario en béton armé. C’est simple, on commence par une histoire un peu banale, une histoire de vote, ensuite on saupoudre d’un peu de piment en créant des tensions entre les personnages principaux (l’un accuse l’autre de pantouflard et d’Hollande de droite, l’autre pointe les virages à droite de l’un), et puis hop, on fait monter la sauce en y insérant l’élément perturbateur, les fameuses irrégularités dénoncées par les deux camps et tout ce qui s’en suit. A partir de là, on n’a plus qu’à s’avachir sur son canapé avec un plateau repas pour compter les points du passionnant match de ping pong qui est en train de se disputer, en prenant évidemment soin de ne pas baver les quelques grains de popcorns qui sont restés collés sur le coin de notre bouche. Au passage, on peut admirer le professionnalisme du responsable des castings pour son choix des personnages-cl(ich)és (sponsorisés par Colgate et ravalés de la façade par des maquilleuses pro), triés sur le volet grâce à leur inégalable don d’acteurs (aaah, Fillon et son imitation impeccable du regard Brandon Walsh… ). On peut aussi en profiter pour saluer le scénariste pour son parfait talent pour ponctuer l’histoire de rebondissements à gogo… Il ne manque plus que les irremplaçables fous rires et applaudissements d’un public invisible pour s’y croire vraiment et se donner rendez-vous le jour suivant, même heure, même chaîne…

Pendant ce temps-là, avec un peu de chance, on ne zappera pas sur une autre info et on ne verra pas que notre ex premier homme de France est en train d’être auditionné sur l’affaire Bettencourt pour « abus de faiblesse » et on ne saura pas qu’Hortefeux, ex-minitre, est condamné à 5000 euros d’amende pour avoir menacé l’avocat de famille de victimes de Karachi, ou une autre broutille dans le genre. Bref, on passera à côté de tout ce qui peut nuire de près ou de loin à la réputation de ces grands hommes qui ont fait la France…

Vive la politique, vive la France, et vive les médias !

Identité : Alsace – Algérie – France

Evoquer l’histoire de sa famille dans un spectacle humoristique, c’est le choix qu’a fait Ali Djilali Bouzina avec « 75% familles nombreuses ».
Ses parents et leur tripotée d’enfants ont quitté l’Algérie dans les années 1960, direction la France. D’abord Marseille, puis l’Alsace, dans une petite bourgade non loin de Strasbourg où ses parents vivent encore. Ali y a grandi, devenant à la fois français, arabe et alsacien. Dans son spectacle, Ali Djilali parle d’exil et d’immigration, avec leurs joies et leurs difficultés.

Foudil Benabadji

Foudil Benabadji, algérien arrivé en France à 17 ans dans les années 60, a d’abord commencé une carrière dans le social en tant qu’éducateur.
De fil en aiguille, il a organisé des échanges culturels entre enfants savoyards et maghrébins, a organisé de nombreux échanges et voyages.
Il s’est rapidement passionné pour l’inter-spiritualité, dans la volonté de permettre le dialogue entre les différentes « confessions » présentes en France.
Aujourd’hui aumônier, auprès notamment de jeunes maghrébins dans les prisons, et auprès d’un plus large public dans les hôpitaux, il fait état de la richesse de son parcours.

http://www.memoire-mediterrane.com/

Attaque à Charlie Hebdo, un an après

        ( Ce texte a été écrit début novembre 2011 )

        Parti en fumée, le local de Charlie ! Cramé, dévasté, molotovisé!

        La une à laquelle on a failli échapper cette semaine ? Un Charlie Hebdo rebaptisé Charia Hebdo par Mahomet, nommé rédacteur en chef pour l’occasion, qui annonce la couleur : « 100 coups de fouet si vous n’êtes pas morts de rire ». Bon. C’est du Charlie tout craché, ça. Yen a qu’aiment, et pi yen a qu’aiment pas (ça c’est Monsieur Claude Guéant qui l’a dit). Yen a qu’appellent ça de la provoc, d’autres de la liberté d’expression. Peu importe comment on appelle ça, si on aime ou si on n’aime pas, c’est pas plus choquant que ce qu’on a l’habitude de voir chez Charlie. Leur marque de fabrique c’est l’humour, trash souvent, sans limite, tout le temps (enfin presque, car il ne faut pas oublier l’éviction manu militari de Siné en 2008 pour motif d’antisémitisme, sous Philippe Val). Jusque là, les caricatures un peu limites sur la religion se soldaient par des procès, mais apparemment cette fois, on a préféré avoir recours à la violence. Et comme toute forme de violence, ça ne sert à rien, ça pourrait même faire monter la sauce. Et ouai, encore des islamistes qui viennent mettre leur grain de semoule dans notre bien joli pays ! Toujours les mêmes qui mettent à mal la démocratie ! Vite, faisons l’amalgame ! Jetons tous les musulmans hors de France, et puis tant qu’à faire, tous les arabes, et puis tiens, tant qu’on y est, n’oublions pas les sans papiers, les noirs, les étrangers, les prostituées ! Ils sont des dangers potentiels pour notre démocratie ! La preuve, ils ne se plient ni à nos codes ni à nos lois ! Ils brûlent nos journaux ! Ils bafouent la liberté d’expression ! Cette liberté que l’on défend bec et ongles, ici, dans notre pays ! Cette liberté qu’on arbore fièrement ! On a fait une révolution, nous, pour l’avoir, cette liberté ! Et ils tuent des moutons dans leurs baignoires, en plus !

        Effectivement, vu comme ça, c’est pas top d’avoir tapé dans la liberté de la presse. Mais le pire, c’est qu’on ne sait pas qui a balancé ces soi-disant cocktails molotov. Les médias parlent d’intégristes musulmans, mais a priori personne n’a été interpellé, seuls deux hommes auraient été aperçus a proximité… Et puis d’abord, c’est quoi un islamiste ou un intégriste musulman? Un mec isolé un peu dérangé qui crie Allah Akhbar en cramant un truc ? Une racaille qui se cherche une identité ? Un afghan entraîné dans les montagnes envoyé par Al Qaïda ? On ne sait même pas ce que c’est qu’un islamiste mais on est persuadé que c’est encore l’un d’eux qui a fait le coup. Et la présomption d’innocence, comme pour DSK ? Alors OK, c’est peut-être les islamistes, les coupables, mais tant qu’on n’en est pas sûr, on ferait mieux de se taire et de réfléchir. Pas comme notre Ministre de l’Intérieur, qui n’a évidemment pas pu s’empêcher de prendre le problème à bras le corps, si engagé qu’il est en faveur des libertés, et de placer que les intégristes chrétiens protestent, expriment des opinions, mais ne brûlent pas. Eux. Alors que là, on a à faire à un attentat ! Et comme par hasard, le mot attentat, depuis 10 ans, on le fait facilement rimer avec islamisme.

        Alors voilà, tout ça pour dire que ceux qui ont incendié les locaux de Charlie, bah ils sont un peu bêtes. D’une parce qu’ils ont osé toucher à la sacro sainte liberté de la presse, et ça ça sent pas bon pour leur matricule, et de deux parce que s’il s’agit bien d’islamistes ou du moins de musulmans intégristes, ils ne font qu’envenimer une situation déjà difficile pour les musulmans de France (et les arabes, et les étrangers, et les prostituées, et les noirs, et, et, et…). Une aubaine pour ceux qui souhaitent alimenter les peurs à l’approche des élections…


Ceci n’est pas une pipe

Le Moineau Phonique aime tendre l’oreille et sourire avec son bec.
Il vous propose ici une brindille de légèreté dans un marasme d’informations pas drôles.
Vous y découvrirez qu’arrêter de fumer n’est pas toujours bon pour la santé…
Historiette d’une nonagénaire contée par sa fille sexagénaire…