Quel beau jour pour sortir le lance-flamme !

Puisque nous sommes quelques-uns à nous demander comment sortir de ce pétrin, laissez-moi vous dire le fond de ma pensée au sujet de cette humanité qui grouille là, sur cette planète…

Tant qu’il y aura de l’égo partout, des images et des projections superficielles, des usines produisant l’absurdité de masse…

Tant qu’il y aura des têtes pour enfler, des chevilles boursouflées d’orgueil, entorses et fractures de l’âme continueront à se propager mieux que le virus de la grippe H5N1, contre lequel on cherche à nous protéger insensément.

Tant que de gras médias, pompes à air, pompes à fric et pompe à dards des ghettos de riche seront charognes du déchet « informatif », tant que l’argent présidera et l’intelligence des mains cantonnée à cliquer sur des pages et des pages de rien, alors il y aura du sang, des larmes, des armes et du rance.

Englués d’une viscosité translucide.

Lucide ?
On ne nous promet plus que des choses impossibles.
Ces valeurs me rendent malade.
Maintenir les anciens en vie, est ce vraiment une preuve de notre humanité ?
Les autres n’ont qu’à travailler assez longtemps pour payer une concession au cimetière.

A côté de ça, personne ne nous apprend à connaître nos corps.
Personne ne nous apprend à connaître nos anciens.
Personne ne nous apprend que la vie est un cycle composé de petites morts nécessaires, que la lenteur est naturelle et la décomposition aussi.
Personne ne nous parle non plus de la joie et du bonheur, des petits actes importants qui sont désormais, peut-être la seule façon de s’en sortir puisque le dialogue est rompu (si tant est qu’il ait déjà existé).

Foutez la paix à la nature et laissez nous notre putain de libre arbitre, avant qu’on vous explose à la figure… Le pouvoir est aveugle, l’amour lui est clairvoyant.

 

 

 

Isabelle, femme en galère

Isabelle a 41 ans. Depuis ses 13 ans et demi, elle connaît la galère, oscillant entre rue, hébergements d’urgence et logements transitoires. Elle vit aujourd’hui dans un studio au Versoud, à quelques kilomètres de Grenoble, avec Dorie, Fidji et Blacky, ses trois chiens.

Depuis plusieurs années, elle fréquente régulièrement le local des femmes, un lieu qui accueille plusieurs fois par semaine des femmes en errance, des femmes en galère, pour leur offrir l’hospitalité, un cadre, une occasion de se retrouver entre femmes, en tant que femmes. C’est grâce à cette association que je l’ai rencontrée.

Isabelle a accepté de partager des moments de vie, son quotidien, une bribe de ses multiples rendez-vous médicaux et administratifs. C’est comme ça que j’ai pu la suivre, sur deux semaines, dans divers lieux qu’elle fréquente : sur l’exploitation d’un maraîcher à Sassenage, lors d’un repas à l’association Totem à Grenoble, chez elle où elle hébergeait sa compagne Nathalie, lors d’un rendez-vous avec des travailleurs sociaux au POHI (Pôle d’Orientation pour l’Hébergement d’Insertion), ou encore à la clinique dentaire.

Un grand merci à Isabelle pour sa disponibilité et à Maïwen de l’association Femmes SDF pour avoir permis cette rencontre.

« Isabelle, femme en galère » sera diffusé le samedi 28 juin 2014 sous la yourte à son lors des Rencontres du Film Documentaire organisées par l’association Ty Films à Mellionnec (Côtes d’Armor).