Migration cacophonique

Au Nicaragua, dans les « chicken bus », on peut ouvrir l’oeil mais le plus efficace reste de tendre l’oreille et de faire le tri… Plongée en univers sonore riche en matières…

Le marché de Masaya est aussi un terminal de bus. En attendant le départ pour la Lagune de Apoyo, les vendeurs ambulants vont et viennent…

 

 

Paroles en l’air

Photo : G.Falgon

Après une longue marche, étourdi par la fatigue et grisé par l’expérience de la bulle de nature, s’assoir dans la forêt tropicale nuageuse et se laisser d’abord surprendre puis transporter par les chants étonnants des oiseaux invisibles…
Ecoute au casque vivement conseillée…

Ils sont électriques et téléphoniques, mes sons bel et bien naturels de Selva Negra au Nicaragua.

Retrouvez ce son sur Liberation.fr

La beauté e(s)t la névrose du monde

Photo : SEb

La poésie n’appartient pas aux nantis,
Elle emporte avec elle le plaisir du jeu et du mouvement, une partition de mots, comme en musique.

Donne des mots pour la vie, les choses que l’on vit, puis les rend vivants et complexes, justes et absurdes, comme la beauté et les névroses du monde.

La poésie est libre : les mots « Propriété » et « Poésie » ne riment pas de toute façon, ils ne sympathisent pas entre eux.

Parce qu’un jour la poésie est sortie de vous pour se promener et vous avez été soulagé, honoré, d’un seul coup.
Comme rire ou échapper un peu à la mort.

En beaucoup moins de temps qu’il ne faut pour le dire, elle offre cette grâce et ouvre une porte…

A 7 ou 77 ans, heureux ou malheureux, seul ou nombreux, opulent ou modeste …
On peut écrire sur les murs des villes comme sur ceux des prisons.
Sur un beau papier glacé comme sur la terre mouillée.

La poésie m’autorise à être inadéquate, exister de manière décalée, à partir d’une intimité partagée.
Je peux y lover mon incapacité à correspondre à des standards, opiner du chef, mon animalité et mon humanité à la fois.

Etre adéquat, est-ce tellement normal ?
L’écriture prouve que non. Car elle s’en fout des conventions, l’écriture.
C’est un outil pour les animaux politiques que nous sommes, au même titre que la pierre qui casse les fruits trop durs.

Ecrire est à la fois tout ce qu’il y a de plus primaire et sophistiqué.

 

 

 

 

No son original, amiga!

Photo : G.Falgon – Volcan Concepcion, Ile d’Ometepe, Nicaragua

Avec ses maisons coloniales colorées et sa situation privilégiée au bord du lac Nicaragua, Granada attire les foules. Dans le centre historique, on se croirait dans une ville réservée aux touristes.
Au coeur du parc central de la ville, rencontre-transaction avec Victor, vendeur « informel » de lunettes à la sauvette qui a réussi à nous refourguer une paire de RayBan…

Au Nicaragua, on nous indique le plus souvent les prix en dollars, alors que la monnaie est le cordoba. On peut donc quasiment partout payer en dollars. 1 dollar équivaut à 26 cordobas. Le salaire moyen est d’à peu près 150 euros mensuels.

Tout jugement négatif porté sur la médiocrité du niveau d’espagnol de l’auteur sera entendu…

 

Petit matin sous les tropiques

Photo : Nelson Cerros

Les murs et les barbelés qui encerclent les quartiers sécurisés de San Salvador (El Salvador, Amérique Centrale) ne filtrent heureusement pas les sons qui viennent de l’extérieur. Au petit matin, quand les rayons du soleil ne sont pas encore brûlants, la ville se réveille…
Enfilez votre casque et laissez-vous porter…

Cette séquence sonore a été enregistrée depuis la chambre de la maison qui m’accueille, à deux pas de l’avenue Constitucion, à San Salvador.
Un clin d’oeil à mes chaleureux hôtes, Daniela et Nelson, ainsi qu’à Guillaume, celui qui rend mes nuits sonores avec ses « ronquidos », au Salvador ou ailleurs…

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Le soir du 19 mai 2014, Nelson Cerros, auteur de la photo accompagnant « Petit matin sous les tropiques », notre chaleureux hôte et ami, photographe passionné devenu professionnel, a été tué à San Salvador. Le Moineau Phonique lui rend hommage en partageant ici les photos qu’il avait proposées, son regard, après avoir écouté avec intérêt ce son dont il connaissait si bien les composantes et qu’il a redécouvert à travers mon oreille, mon regard.

Photo : Nelson Cerros

Photo : Nelson Cerros

Photo : Nelson Cerros

Photo : Nelson Cerros