Cher destinataire inconnu…

Cher destinataire inconnu,

j’ai choisi cette feuille de papier bleu ciel pour vous partager les impressions qui m’habitent ce soir : il me semble que cela vous fera du bien de recevoir cette lettre, ces mots couchés sur le bleu du ciel, car je compatis à vos blessures, celles qu’infligent sournoisement ce que l’on nomme le « monde du travail ».

Je vous propose de vous en échapper à la lecture de mes sensations, car aujourd’hui je suis loin d’ici, loin d’ailleurs. Je suis là, au présent.

(Petite parenthèse d’entre les perceptions : j’ai tout de suite pensé que vous pourriez vous appeler «Jürgen » et même si ce n’est pas votre prénom, il faut bien que je vous appelle.)

En écrivant, je goûte à l’extrémité creuse et arrondie de mon stylo où se loge la pointe d’une canine.
Là où j’avance, j’entends mes pas frotter les herbes hautes, suivis par les bourdonnements affairés des abeilles qui s’échappent.
De splendides papillons aux ailes comme des vitraux trônent ça et là, sur la toison de cette prairie dont ils sont les rois.

Je ne saurai trop vous conseiller d’ailleurs ce que tout à l’heure j’ai senti : l’odeur agréable des copeaux de bois qu’on utilise ici pour les toilettes sèches.

A propos, j’ai touché en me promenant, avec l’intérieur de la main, l’écorce moussue de rondins parcourus de fines excroissances de bois, semblables à de toutes petites lianes…

Voilà. Je ressens la quiétude d’un endroit hors du temps.

J’espère que cette lettre vous aidera un moment à bondir de votre esprit torturé par les affres d’une vie matérielle qui coûte bien trop cher à tout le monde…

 

 

Socialement parlant on s’en fout!

Photo : G. Falgon

Au départ, c’est un processus trouble à bord duquel on se risque, où il faut se laisser délicieusement bercer. Ca tourne ensuite au feu d’artifice d’idées, lorsque l’on se délecte d’absurde et d’inconnu et que, dans le feu de l’action, l’on ne sait plus trop ce que l’on veut dire ni maîtrisons l’intégralité de ce que l’on fait, mais où l’on sait qu’on finira bien par retomber sur ses pattes. Et puis, quand vient le temps des essayages, du mâchouillage et des malaxages, que l’aventure continue et que tout prend sens, l’on se recentre et prend conscience qu’elle est vraiment enrichissante, cette expérience…

Lorsqu’une équipe de joyeux bidouilleurs de sons se réunit pour déconstruire leur vision classique et normée de l’interview, ils se retrouvent à naviguer sur les méandres vertigineux des voix et des paroles. Parfois, elles s’envolent et leur échappent, d’autres fois ils les capturent et les manipulent. Ca donne des situations cocasses, des mises en scène étonnantes, des questionnements surprenants, et pourquoi pas un résultat… intéressant ?


Ce son est un extrait de la création sonore issue de la formation « L’interview étendue » animée par Alessandro Bosetti en juillet 2014, dans le cadre de l’association Phonurgia.

Le montage est signé Aline, Lucinda et Eloïse, les prises de son sont de tout le monde : Déborah, Adeline, Cathy, Rémi, Caroline, Agnès, Maxim. Curieux, je vous invite à écouter « Qu’est ce que vous voulez que je vous dise? », la pièce dans son intégralité.

Kokopelli : graines de résistance

Avec ce documentaire, Sur Les Docks donne la parole à Kokopelli, association qui milite pour la libération des semences et de l’humus et la préservation de la biodiversité alimentaire. Un son instructif et nécessaire qui met en lumière les aberrations du système qui nous entrave, un appel à la prise de conscience et à la prise en main de nos grelinettes et autres foufourches!

Des chansons du Maghreb à Lyon – Place du Pont Production

L’exil à Lyon à travers le quotidien des migrants et de leur musique, c’est de cela dont parle le documentaire de Péroline Barbet sur les grandes ondes de Sur les Docks.
C’est un gros travail d’archivage sonore et des heures d’écoute de K7 audio produites des années 70 à 90 accompagné d’un regard neuf sur la vie de ces personnes déracinées…
Du très beau boulot !

Là-bas si j’y suis plus

A la rentrée, France Inter a changé… Une des émissions cultes de la chaîne a disparu après 25 ans d’antenne, « Là-Bas Si J’y Suis ». Olivier Minot, jeune réalisateur passionné-qu’on-entend-partout, signe avec force sensibilité une déclaration d’amour à la radio, à « Là-Bas », à son père. C’est intime et dynamique, ça fonctionne super bien et c’est en ligne sur Arte Radio.

Compagnie Fanfarnaüm

Je crois que l’art de demain se joue dans la rue, là où il est vivant et se passe de numérisation. Fanfarnaüm en est un exemple magnifique. Mieux qu’une fanfare (comme on en a vues des centaines se monter dans l’engouement pour les musiques d’Europe de l’est), Fanfarnaüm c’est des musiciens de grande qualité, une scénographie créative et visuellement au poil, des artistes drôles, punks et inspirés à l’humour noir qui fait du bien dans le paysage convenu des arts tout public. La Cie Fanfarnaüm parle de façon décalée, se saisit de tous les objets les plus anodins pour en extraire la musicalité. Découvrez-la et savourez !