Quel beau jour pour sortir le lance-flamme !

Puisque nous sommes quelques-uns à nous demander comment sortir de ce pétrin, laissez-moi vous dire le fond de ma pensée au sujet de cette humanité qui grouille là, sur cette planète…

Tant qu’il y aura de l’égo partout, des images et des projections superficielles, des usines produisant l’absurdité de masse…

Tant qu’il y aura des têtes pour enfler, des chevilles boursouflées d’orgueil, entorses et fractures de l’âme continueront à se propager mieux que le virus de la grippe H5N1, contre lequel on cherche à nous protéger insensément.

Tant que de gras médias, pompes à air, pompes à fric et pompe à dards des ghettos de riche seront charognes du déchet « informatif », tant que l’argent présidera et l’intelligence des mains cantonnée à cliquer sur des pages et des pages de rien, alors il y aura du sang, des larmes, des armes et du rance.

Englués d’une viscosité translucide.

Lucide ?
On ne nous promet plus que des choses impossibles.
Ces valeurs me rendent malade.
Maintenir les anciens en vie, est ce vraiment une preuve de notre humanité ?
Les autres n’ont qu’à travailler assez longtemps pour payer une concession au cimetière.

A côté de ça, personne ne nous apprend à connaître nos corps.
Personne ne nous apprend à connaître nos anciens.
Personne ne nous apprend que la vie est un cycle composé de petites morts nécessaires, que la lenteur est naturelle et la décomposition aussi.
Personne ne nous parle non plus de la joie et du bonheur, des petits actes importants qui sont désormais, peut-être la seule façon de s’en sortir puisque le dialogue est rompu (si tant est qu’il ait déjà existé).

Foutez la paix à la nature et laissez nous notre putain de libre arbitre, avant qu’on vous explose à la figure… Le pouvoir est aveugle, l’amour lui est clairvoyant.

 

 

 

Epidémie « An II »

Bon sang, mais qu’est-ce qu’ils ont tous à nous balancer de l’An II à tort et à travers ? C’est quoi cette manie des médias de reprendre tous les même formules à la mord-moi-le-nœud, au point de nous, lecteurs, auditeurs, téléspectateurs, contraindre à les intégrer à l’insu de notre plein gré ?! C’est quand même un monde, dirait ma grand-mère ! Tout ça pour dire que Monsieur le président entame la deuxième année de son quinquennat, comme s’il s’agissait des habituelles bonnes résolutions que tout sage être humain devrait prendre au 1er janvier chaque année… Parce que oui, le discours de jeudi soir qui marque le début de « l’an II du hollandisme au pouvoir » (Marianne) marquerait, comme faire péter le champagne, le début d’une nouvelle ère ou d’une nouvelle année, au moment où l’on fait la liste des bonnes résolutions à venir… Vous savez, ces belles idées qui nous traversent l’esprit un jour et qu’on assène à tire-larigot début janvier à qui veut bien les entendre, et qui, les semaines et les mois passant, sont aussi vite oubliées ou mises de côté qu’elles sont venues… On place des mots-clés pour marquer le coup, on s’auto-persuade du bienfondé et de la valeur de nos résolutions, on essaie de s’y tenir quelques heures et puis rapidement, on est rattrapé par son quotidien, ses pulsions, ses vices, ses habitudes et les bonnes résolutions disparaissent petit à petit…

Le problème, c’est qu’entre le discours d’un président et ses propres bonnes résolutions, il y a une légère différence…

Alors que les bonnes résolutions n’engagent que celui ou celle qui les fomente, lui permettant ainsi de n’avoir sur la conscience que sa propre déception s’il ne les respecte pas, celles d’un président concernent le devenir de tout un pays et du coup de tout un chacun, il se doit donc un peu plus de les respecter, ou tout du moins de tout mettre en œuvre pour les respecter. Si ça fonctionne comme les arguments des candidats aux élections lors de leurs campagnes, on est mal barrés… Peut-être que c’est ça, la politique, de grands mots et pas grand chose derrière…

Quand j’ai entendu pour la première fois cette expression hier soir – l’An II – j’ai tout de suite pensé à « l’An 01 », ce film de Jacques Doillon, Gébé, Alain Resnais et Jean Rouch, qui regroupe un bon paquet d’acteurs bien connus aujourd’hui. Réalisé en 1973, il véhicule des idées tout à fait transposables à 2013 : il invite à faire un pas de côté, à tout arrêter et propose avec humour une réelle réflexion sur le devenir de la société de consommation et le productivisme, sur l’écologie et l’utopie, loin, très loin des préoccupations de notre cher président.

« L’An 01 » et « l’An II » ont ceci en commun qu’ils sont politiques, mais on en apprend probablement beaucoup plus dans « l’An 01 » que dans « l’An II » qui est en train de commencer, c’est pourquoi plutôt que d’écouter la bouche ouverte les médias qui nous martèlent d’expressions aussi inutiles que les bonnes résolutions, je vous invite à regarder « l’An 01 »…

Nous les femmes, sournoises et méchantes

Un des clichés récurent trop souvent scotché sur le front de la femme, c’est qu’elle est douce et compréhensive, maternelle et non violente par nature… En tant que femme, je pourrais estimer que c’est hyper flatteur, chic et plutôt classe, mais si je fais preuve d’esprit critique et que je sors de ma botte secrète ma clairvoyance et ma lucidité, ça me donne envie de m’exprimer très vulgairement et de devenir verbalement violente, chose qui, si l’on en croit les clichés, ne devrait même pas passer par le cerveau d’une femelle normalement constituée. Pourtant, je vous l’assure, je suis biologiquement à la pointe de la féminité…

Avertissement : mon objectif ici est de démontrer que les clichés sentent vraiment très mauvais, que les femmes ne se réduisent pas à de la gentillesse et à de la délicatesse gratuites et sont des êtres humains comme les autres, munies de tares et capables d’excès, et que là, on en a la preuve décédée…

Dans son Miss Maggie sorti en 1985, à la fois hymne à la femme non stéréotypée et véritable pamphlet contre une Margaret Thatcher en plein buzz, le jeune rebelle Renaud chante que l’exception confirme la règle et sous-entend (merci Renaud) que les généralités ne font souvent pas bon ménage avec les réalités. Pendant son mandat de premier ministre du Royaume Uni qui a duré exactement 11 ans, 6 mois et 24 jours, la Dame de Fer n’a pas volé son sobriquet, prouvant au monde entier que les clichés étiquetés à la gente féminine, on pouvait se les carrer bien profondément dans le séant.

Douce… Miss Maggie a-t-elle, pendant son mandat, fait preuve de douceur envers ses compatriotes ? La dissuasion nucléaire, est-ce une manière douce de protéger ses congénères?

Compréhensive… Fermer les mines de charbon et imposer le chômage à des dizaines de milliers de travailleurs, est-ce vraiment tenter de les comprendre ? Et mettre des bâtons dans les roues des syndicats, est-ce que c’est tenter de comprendre les travailleurs ?

Maternelle… Ne pas réagir face aux grèves de la faim d’hommes de l’IRA provisoire, allant jusqu’à laisser mourir 10 personnes, est-ce bien de l’ordre de l’instinct maternel ?

Non violente… Et la guerre des Malouines, et les mineurs, et les syndicats, et les grévistes de la faim, et la dissuasion nucléaire ? Et et et…

En voilà, un bon paquet d’exceptions poussées jusqu’à d’inacceptables extrêmes ! Et tout ça par une seule et même femme !

Dans chaque être s’emboîtent et se croisent féminité et masculinité, individualité et humanité. Chaque individu a ses qualités et ses défauts, son tempérament et ses particularités, sa propre complexité. Et oui, certaines femmes peuvent même se comporter en tyrans ! Encore une occasion pour tirer la chasse aux généralités !

Hétéro – Famille – Patrie

Pourquoi – alors que la France est sur le point d’adopter le mariage homosexuel et de permettre à des milliers de personnes d’obtenir un statut d’époux(se) ou de p(m)ère – faut-il qu’un autre millier de personnes se croit dans son bon droit de manifester contre ?

Pourquoi faut-il, qu’en dehors des religieux, le couple hétéro-monogame se la ramène comme si seul ce modèle pouvait régenter les histoires de cœur des un(e)s et des autres ?

Cette façon de procéder me rappelle l’interventionnisme, l’impérialisme américain et à fortiori de nos pays occidentaux, au nom du bien édicté par une poignée de Yankees, minorité qui s’imagine « majeure » et supérieure en pensée.

Combien verraient leur vie basculer après l’adoption de cette loi ?
Chacun ferait mieux de s’interroger sur le bien-fondé de ses peurs profondes, regarder dans un miroir grossissant la fameuse Famille hétéro-bien-pensante…

Peur de quoi ?
De voir des gouines s’acheter deux robes de mariées au lieu d’une ?
Tomber sur deux pédés regarder le foot en se tenant la main ?

Peur que ces personnes (qui ont la plupart du temps un cœur qui bat, je le rappelle) vivent dans l’amour et la joie plutôt que dans la honte et la crainte ?

Le couple hétéro-bien-pensant a t-il peur de ne pas avoir la médaille de la parentalité ? De ne pas détenir la vérité sur laquelle toutes ses contradictions reposent ?

Allez, j’arrête. Mais soyons sérieux : arrêtons de lutter contre l’idée que des gens qui s’aiment obtiennent des droits…

Comment s’en sortir dans un monde cruel comme celui-ci ?

 Depuis la tendre enfance, on sait que l’être humain se construit de récits.

Le cinéma, les livres sont du récit et l’information qu’elle soit filmée, écrite ou orale est elle aussi en plein dans le monde des Histoires.

C’est bien ce qui nous différencie des autres êtres vivants, si l’on exclue les méthodes de communication telles que les chants, les sonars, les cris et autres gestuelles animales.

 On commence d’abord par recevoir des récits essentiels ou des éléments nous expliquant « ce que je fais là » et comment fonctionne le monde : ceux des parents.

Cela nous permet de situer, construire une image de nous même, des références, des points de comparaison pour comprendre autrui.

Par la suite, lorsqu’on devient soi-même producteur de récits, on tisse et on brode, on chantonne le monde à sa façon.

Un peu plus tard d’autres s’efforcent de parfaire votre éducation, de vous injecter différentes Histoires dans l’esprit par la force et l’effet de masse.

Que faire ???

1) Restez calme

2) Prenez votre courage à deux mains, lisez, écoutez, ou encore regardez quelques journaux, radios ou télévisions qui se présentent à vous.

3) Faites une liste des choses qui vous ont semblé étranges (la qualité de l’expression, le manque de diversité de l’information, le ton employé, l’importance ou non de l’information dans votre vie et, à plus large échelle, celle de ceux de votre entourage, puis à l’échelle de l’évolution humaine.

4) Demandez-vous : « est ce que j’aurai choisi ce sujet » ou alors « l’aurai-je traité autrement ? « L’aurai-je écris autrement ? » « Est-ce si difficile de faire mieux ? »

 5) Cela vaut-il vraiment la peine d’être lu, regardé, écouté ? Qu’en ai-je retiré ? Cela va t-il m’aider à avancer, à faire un monde plus beau, plus intelligent, plus humain ?

 6) Quand vous aurez médité à ces questions, prenez ce journal et ôtez lui ses feuillets un à un. Si c’est une télé, une radio, démonter le ou la pour voir si il y a un problème de fonctionnement.

7) Faites-en des boules de 15 à 20 centimètres de diamètre et placez-les soigneusement dans votre poêle à bois.

8) Craquez une allumette et faites partir le feu.

 9) Dites merci à celles et ceux qui continuent de respecter le travail de journaliste et honorez-les en les lisant vraiment. En les soutenant.

10) Participez vous aussi et mettez tous vos talents au service d’une expression éclairée, libérée de conflits d’intérêts, d’ego ou de pouvoir…

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Il y a quelques mois se déroulaient les Assises du journalisme, dans l’Ouest.

France Culture s’y rendait, couvrir l’événement en 2 minutes.

Résultat des courses et résumé bref de l’état du journalisme en France : « il est formidable. »

La journaliste avait interviewé une algérienne et une tunisienne (ça donne bonne conscience), toutes deux acquises à la cause du problème : le journalisme français, c’est mieux que pas d’expression du tout, c’est vrai.

A ne pas manquer : le nouveau feuilleton UMP

Je sais, c’est pas très original d’écrire un édito là-dessus, tous les journaux se sont déjà emparés de l’énormité, mais je ne peux pas m’en empêcher, alors voilà, je vous le donne en mille : j’ai moi aussi envie d’exprimer mon indignation sur les chamailleries qui titillent ces jours-ci les deux grands hommes politiques humanistes que sont Copé et Fillon. Mea culpa, je n’arrive pas à résister à l’occasion de tendre un énième doigt d’honneur à ceux qui, il y a pas si longtemps, étaient à la tête de notre gouvernement… A croire que ces éléphants de l’UMP, en mal de renommée, ne savent plus quoi inventer pour faire parler d’eux… (et ça marche !)

Plus qu’une bagarre entre couilles sur ring bleu blanc rouge, c’est à une vraie sitcom qu’on à l’impression d’avoir à faire ! On y retrouve tous les ingrédients d’un soap opéra super bien ficelé avec un scénario en béton armé. C’est simple, on commence par une histoire un peu banale, une histoire de vote, ensuite on saupoudre d’un peu de piment en créant des tensions entre les personnages principaux (l’un accuse l’autre de pantouflard et d’Hollande de droite, l’autre pointe les virages à droite de l’un), et puis hop, on fait monter la sauce en y insérant l’élément perturbateur, les fameuses irrégularités dénoncées par les deux camps et tout ce qui s’en suit. A partir de là, on n’a plus qu’à s’avachir sur son canapé avec un plateau repas pour compter les points du passionnant match de ping pong qui est en train de se disputer, en prenant évidemment soin de ne pas baver les quelques grains de popcorns qui sont restés collés sur le coin de notre bouche. Au passage, on peut admirer le professionnalisme du responsable des castings pour son choix des personnages-cl(ich)és (sponsorisés par Colgate et ravalés de la façade par des maquilleuses pro), triés sur le volet grâce à leur inégalable don d’acteurs (aaah, Fillon et son imitation impeccable du regard Brandon Walsh… ). On peut aussi en profiter pour saluer le scénariste pour son parfait talent pour ponctuer l’histoire de rebondissements à gogo… Il ne manque plus que les irremplaçables fous rires et applaudissements d’un public invisible pour s’y croire vraiment et se donner rendez-vous le jour suivant, même heure, même chaîne…

Pendant ce temps-là, avec un peu de chance, on ne zappera pas sur une autre info et on ne verra pas que notre ex premier homme de France est en train d’être auditionné sur l’affaire Bettencourt pour « abus de faiblesse » et on ne saura pas qu’Hortefeux, ex-minitre, est condamné à 5000 euros d’amende pour avoir menacé l’avocat de famille de victimes de Karachi, ou une autre broutille dans le genre. Bref, on passera à côté de tout ce qui peut nuire de près ou de loin à la réputation de ces grands hommes qui ont fait la France…

Vive la politique, vive la France, et vive les médias !

Attaque à Charlie Hebdo, un an après

        ( Ce texte a été écrit début novembre 2011 )

        Parti en fumée, le local de Charlie ! Cramé, dévasté, molotovisé!

        La une à laquelle on a failli échapper cette semaine ? Un Charlie Hebdo rebaptisé Charia Hebdo par Mahomet, nommé rédacteur en chef pour l’occasion, qui annonce la couleur : « 100 coups de fouet si vous n’êtes pas morts de rire ». Bon. C’est du Charlie tout craché, ça. Yen a qu’aiment, et pi yen a qu’aiment pas (ça c’est Monsieur Claude Guéant qui l’a dit). Yen a qu’appellent ça de la provoc, d’autres de la liberté d’expression. Peu importe comment on appelle ça, si on aime ou si on n’aime pas, c’est pas plus choquant que ce qu’on a l’habitude de voir chez Charlie. Leur marque de fabrique c’est l’humour, trash souvent, sans limite, tout le temps (enfin presque, car il ne faut pas oublier l’éviction manu militari de Siné en 2008 pour motif d’antisémitisme, sous Philippe Val). Jusque là, les caricatures un peu limites sur la religion se soldaient par des procès, mais apparemment cette fois, on a préféré avoir recours à la violence. Et comme toute forme de violence, ça ne sert à rien, ça pourrait même faire monter la sauce. Et ouai, encore des islamistes qui viennent mettre leur grain de semoule dans notre bien joli pays ! Toujours les mêmes qui mettent à mal la démocratie ! Vite, faisons l’amalgame ! Jetons tous les musulmans hors de France, et puis tant qu’à faire, tous les arabes, et puis tiens, tant qu’on y est, n’oublions pas les sans papiers, les noirs, les étrangers, les prostituées ! Ils sont des dangers potentiels pour notre démocratie ! La preuve, ils ne se plient ni à nos codes ni à nos lois ! Ils brûlent nos journaux ! Ils bafouent la liberté d’expression ! Cette liberté que l’on défend bec et ongles, ici, dans notre pays ! Cette liberté qu’on arbore fièrement ! On a fait une révolution, nous, pour l’avoir, cette liberté ! Et ils tuent des moutons dans leurs baignoires, en plus !

        Effectivement, vu comme ça, c’est pas top d’avoir tapé dans la liberté de la presse. Mais le pire, c’est qu’on ne sait pas qui a balancé ces soi-disant cocktails molotov. Les médias parlent d’intégristes musulmans, mais a priori personne n’a été interpellé, seuls deux hommes auraient été aperçus a proximité… Et puis d’abord, c’est quoi un islamiste ou un intégriste musulman? Un mec isolé un peu dérangé qui crie Allah Akhbar en cramant un truc ? Une racaille qui se cherche une identité ? Un afghan entraîné dans les montagnes envoyé par Al Qaïda ? On ne sait même pas ce que c’est qu’un islamiste mais on est persuadé que c’est encore l’un d’eux qui a fait le coup. Et la présomption d’innocence, comme pour DSK ? Alors OK, c’est peut-être les islamistes, les coupables, mais tant qu’on n’en est pas sûr, on ferait mieux de se taire et de réfléchir. Pas comme notre Ministre de l’Intérieur, qui n’a évidemment pas pu s’empêcher de prendre le problème à bras le corps, si engagé qu’il est en faveur des libertés, et de placer que les intégristes chrétiens protestent, expriment des opinions, mais ne brûlent pas. Eux. Alors que là, on a à faire à un attentat ! Et comme par hasard, le mot attentat, depuis 10 ans, on le fait facilement rimer avec islamisme.

        Alors voilà, tout ça pour dire que ceux qui ont incendié les locaux de Charlie, bah ils sont un peu bêtes. D’une parce qu’ils ont osé toucher à la sacro sainte liberté de la presse, et ça ça sent pas bon pour leur matricule, et de deux parce que s’il s’agit bien d’islamistes ou du moins de musulmans intégristes, ils ne font qu’envenimer une situation déjà difficile pour les musulmans de France (et les arabes, et les étrangers, et les prostituées, et les noirs, et, et, et…). Une aubaine pour ceux qui souhaitent alimenter les peurs à l’approche des élections…


Lettre aux politiques

Madame la Ministre de la Culture et de la Communication,
Monsieur le Président de la République,

J’ai entendu dire qu’un vent nouveau était en train de souffler sur la politique de notre pays. Une bise d’Ouest qu’on attendait depuis longtemps. J’ai entendu dire aussi que dans les radios associatives, on était très sensibles à la météo, et que même si on était capables de se cramponner par temps de blizzard, on aimait mieux les alizés, ces vents qui nous poussent doucement et régulièrement, et nous permettent de remplir nos missions sans trop de turbulences.

Ces cinq dernières années n’ont pas été de tout repos pour les radios associatives, il a fallu jongler avec les rafales d’une politique oublieuse à notre égard, méprisante même. On avait l’impression de se trouver au cœur d’une tornade alors on a utilisé toutes nos forces pour s’agripper et ne pas s’envoler. Grâce à notre motivation, on a réussi à se serrer les coudes tout en se serrant la ceinture, mais malheureusement, comme dans tout cyclone, il y a eu des pertes. On a laissé sur la touche pas mal de nos salariés parce que les critères pour renouveler leurs contrats sont devenus de moins en moins accessibles. On a eu du mal à offrir à nos auditeurs des programmes musicaux en phase avec l’actualité parce qu’on n’avait pas assez de moyens pour écouter toutes les nouveautés qu’on nous proposait. On a perdu la diffusion de certains programmes de qualité parce que l’Etat n’avait soi-disant plus assez d’argent pour les financer. Et la liste est loin d’être terminée.
Madame la Ministre de la Culture et de la Communication et Monsieur le Président de la République, vous l’aurez compris, le typhon Sarkozy a laissé derrière lui pas mal de dégâts. Heureusement qu’on était construits sur des bases solides, qui elles ont pu rester debout.

Ce qu’on espère aujourd’hui, c’est pouvoir compter sur vous pour retrouver le calme après la tempête. C’est avant tout vous voir reconnaître l’utilité de notre média, vecteur de communication sociale de proximité, et l’encourager à continuer ses missions auprès des auditeurs, mais aussi sur le terrain avec les citoyens qui qu’ils soient. C’est aussi nous donner les moyens d’exercer notre mission d’information auprès du public, en nous laissant la totale indépendance de traitement et la subjectivité qui nous caractérisent. C’est tout simplement soutenir la liberté d’expression indispensable au bien-être des consciences de notre pays.

Madame la Ministre de la Culture et de la Communication, Monsieur le Président de la République et vos collègues, je vous demande donc, par la présente, de bien vouloir rendre aux radios associatives la place et le rôle qu’elles méritent en mettant en application la désormais célèbre rengaine de la campagne, le changement c’est maintenant.

Dans l’attente d’actions concrètes de votre part, je vous prie d’agréer, Madame la Ministre de la Culture et de la Communication et Monsieur le Président de la République, mes salutations les plus radiophoniques.

Une surfeuse de la vague radio

 

Hé, dites, oh !

« Désormais, quand il y a une grève en France personne ne s’en aperçoit. »
C’est par ces mots, en 2008, que Nicolas Sarkozy essuyait à nouveau du revers de sa Rollex dorée, le droit de grève et la liberté d’expression. Indifférence criarde de mauvais goût face à l’importance symbolique de ce droit de s’exprimer et d’exprimer son désaccord, au pays des « droits de l’homme ».
Ouille ! Les mots employés impactent les esprits, blessent et humilient peut-être certaines et certains d’entre nous.

Et par ce message ne pourrait-on pas entendre comme une provocation digne de la candide Marie-Antoinette, reine de peu de rien et de pas grand-chose, victime de sa condition : « Ils n’ont plus de pain ? Qu’ils mangent de la brioche ! »
C’est que le  « règne » de l’auteur de   »Désormais, quand il y a une grève en France personne ne s’en aperçoit »va malheureusement et sans aucun doute rester dans l’Histoire du pays.
En tant que président des décomplexés gonflés à bloc, il aura à plusieurs titres  démontré que l’on peut démanteler des valeurs et les rendre désuètes, entre autres par les mots et la communication.
Car c’est de cela qu’il s’agit. Du découragement et de l’humiliation d’une population par la dé- construction systématique de ses acquis sociaux et par l’image d’impuissance qu’il lui renvoi en choisissant méticuleusement les mots (pour ne pas) le dire.

Nos médias sont bien entendu ses premiers grands alliés, manitous de l’ensommeillement, régulateurs de pensées, dictateurs de la réalité pour la plupart.
Du story telling au marketing, les arts du récit en prennent un coup. Ce n’est pas un scoop, me direz-vous.
Mais l’art de communiquer en bandoulière, on essaie de nous faire avaler plus de couleuvres qu’on ne peut en avaler en un seul quinquennat.

Je me pose quand même une question en ces temps électoraux : Pourquoi les gouvernants des pays riches se pensent-ils comme les seuls autorisés à dessiner et raconter le monde ? De quel droit ?
L’humain se nourrit de mots, vecteurs de symboles très forts et ces mots assemblés forment des récits dont tout être doté de parole tend à se nourrir. J’irai même jusqu’à penser que le récit touche le cerveau reptilien chez l’être humain, tant il semble avoir de forces. Construire ces récits, y être sensible, s’y référer, est je pense vraiment constitutif de l’être humain.
Se « fixer » sur l’un d’entre eux pour définir son identité, l’histoire de sa propre vie est vraiment propre à l’être humain. Comment vivre sans  raconter, se raconter, ou du moins accrocher son propre filtre subjectif à la réalité ?
C’est bien cette fibre sensible que les médias et les communiquants cherchent à faire vibrer, en nous  servant des histoires et des images (au sens large) avilissantes, comme autant d’éléphants roses sensés détourner notre attention…

Comment savoir si une lutte vaut mieux qu’une autre ? Quelle réalité vaut plus qu’une autre ? Cela dépend par quel filtre on la regarde. Ou, je ne sais pas, regardons au moins par la lorgnette la plus humble qui soit si elle va dans le sens de la vie, du respect de celle-ci, du bien être le plus équitable.

Qui a t-il de plus important ? L’argent ? Ah oui, j’oubliais !