Sur La Route

« Sur La Route » a reçu le 2e prix du concours Libé/Apaj/France Culture

Daniela et Nelson, Volcan Santa Ana, El Salvador. Photo : Flor

 

« On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait » écrivait Nicolas Bouvier dans « l’Usage du Monde » en 1963.

De voyage, l’on rapporte bien plus que les quelques photos que l’on partage, les quelques souvenirs que l’on évoque. Malgré soi et à l’insu des autres, on en revient changé, « plumé ou essoré », grandi, diront certains.

Le voyage suscite les rencontres et chamboule les habitudes, il nous mène là où d’ordinaire, nous n’allons pas.

Ce son est un carnet de voyage. En avril et mai 2014, je suis allée en Amérique Centrale, au Salvador et au Nicaragua. Il m’est difficile de déterminer ce que ce voyage m’a apporté. Une chose est sûre, c’est que Nicolas Bouvier avait raison : j’en ai ramené tout autre chose que ce que j’allais y chercher. J’ai traversé des paysages, des langues, des cultures, mais j’ai aussi atteint des limites, ressenti mille émotions, vécu, tout simplement, les réalités que la vie m’a tendues.

Je dédie ce carnet de voyage sonore à Nelson dont le sourire restera toujours dans mon cœur, à Daniela que j’aime profondément et à Guillaume, mon Amour, auprès de qui j’avance et j’apprends, envers et contre tout.

Les citations sont issues d’ouvrages de Nicolas Bouvier, « L’usage du monde », « Le poisson-scorpion », « Chroniques japonaises », « Le vide et le plein (Carnets du Japon, 1964-1970).

Retrouvez la version courte de ce carnet de voyage sonore sur Libération.fr

Mon cas n’a pas de case…

Photo : Duna

« Mon cas n’a pas de case » est le témoignage croisé de deux jeunes femmes :
Jeanne (qui est tombée enceinte avant de tisser des liens avec le père de sa fille) et Maéva son amie et confidente (émancipée d’une situation de couple difficile après avoir eu deux enfants) nous font part de leur expérience et quotidien.

Maéva a accompagné Jeanne dans la maternité, des nausées et petits tracas de la grossesse à la mise au monde de sa fille Berthille.
Elles sont restées soudées par la force de cette expérience malgré un regard social plutôt inquiétant : élever son enfant seul pose toujours un problème du point de vue de la majorité et des institutions.

Ces mères, dont l’objectif n’est pas nécessairement de se remettre en couple comme on l’entend dans sa forme la plus conventionnelle, font l’objet de beaucoup d’interrogations et de jugements dans le pire des cas.
Et si l’amour, l’éducation, les relations, dont on pense souvent avoir le fin mot, avaient le droit d’être multiformes ?

Macho Man

A l’écoute des singes hurleurs dans la forêt au Nicaragua, j’ai pu observer de fascinantes similitudes avec certains êtres humains de sexe masculin.
Au premier abord, on pourrait croire à un énième reportage animalier, mais si l’on tend bien l’oreille, l’on peut rapidement comprendre le fond de mon propos. Nous, êtres humains, faisons parfois preuve d’animalité, de primarité, d’excès d’instinct…
Saurez-vous distinguer l’homme du singe ?

« Macho Man » sera diffusé en séance d’écoute au festival Longueur d’Ondes de Brest qui se déroule du 27 janvier au 1er février 2015.

Les Co-Mains

Photo : E. Grimbert

Les Co-mains est un habitat groupé en chantier au sein duquel poésie et bricolage dessinent l’état d’esprit du lieu situé au pied de la Chartreuse, entre Grenoble et Chambéry. Pascal et Véronique façonnent, truellent, assemblent, cassent, empilent, retapent, imaginant leur espace de vie bien plus que de manière fonctionnelle.
Selon des techniques glanées ci et là, osant faire de la construction un art et de l’art une construction pour l’être. Un chantier où l’on a envie de « bousculer les lignes »…

Petit matin sous les tropiques

Photo : Nelson Cerros

Les murs et les barbelés qui encerclent les quartiers sécurisés de San Salvador (El Salvador, Amérique Centrale) ne filtrent heureusement pas les sons qui viennent de l’extérieur. Au petit matin, quand les rayons du soleil ne sont pas encore brûlants, la ville se réveille…
Enfilez votre casque et laissez-vous porter…

Cette séquence sonore a été enregistrée depuis la chambre de la maison qui m’accueille, à deux pas de l’avenue Constitucion, à San Salvador.
Un clin d’oeil à mes chaleureux hôtes, Daniela et Nelson, ainsi qu’à Guillaume, celui qui rend mes nuits sonores avec ses « ronquidos », au Salvador ou ailleurs…

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Le soir du 19 mai 2014, Nelson Cerros, auteur de la photo accompagnant « Petit matin sous les tropiques », notre chaleureux hôte et ami, photographe passionné devenu professionnel, a été tué à San Salvador. Le Moineau Phonique lui rend hommage en partageant ici les photos qu’il avait proposées, son regard, après avoir écouté avec intérêt ce son dont il connaissait si bien les composantes et qu’il a redécouvert à travers mon oreille, mon regard.

Photo : Nelson Cerros

Photo : Nelson Cerros

Photo : Nelson Cerros

Photo : Nelson Cerros

Au bord de l’air

Enregistrer la pollution de l’air…
C’est les moteurs qui donnent le ton, car l’ennemi est invisible. Pour recueillir l’avis des gens, j’ai traîné au bord des routes, avec les pots d’échappement et leur fumée nauséabonde… J’ai le nez, les yeux qui me piquent et qui grattent, la gorge irritée, c’est pas de la rigolade !
Evidemment, parmi les personnes que j’ai rencontré, personne ne cautionne.
Au pire, on est fataliste, au mieux on tente de changer d’air…

La première fois que j’ai visité la vallée du Grésivaudan, celle qui relie Grenoble à Chambéry, je découvrais une région à la fois magnifique et un peu morne.
Aux pieds des massifs, s’étalent des villages dortoirs un peu sans âme fabriqués pour que les travailleurs des nanotechnologies, les amoureux de la nature skieurs-cyclistes-parapentistes en polaire s’y installent et trouvent matière à nourrir la quête d’un supposé progrès et sortir en raquettes le dimanche pour se ressourcer après une semaine de dur labeur.
Mais il y a un bémol à tout ça : L’autoroute qui va de la vallée du Grésivaudan à Grenoble est régulièrement limitée à 70km/h pour cause de pics de pollution et ce, depuis des années.
Cela n’est que très rarement traité dans les médias et surtout pas sous un angle environnemental, mais plutôt comme on parlerait d’une averse de neige…
Qui aurait cru ? Les personnes qui connaissent mon lieu de vie un peu « rural » en sont tout étonnés…

Après la tempête

Sur le quai, une petite dame est pliée en deux. Elle ramasse des algues qu’elle dépose dans un seau. Elle les appelle le goémon. C’est la mer qui l’a charrié jusque là. La mer qui, quelques jours avant, début février 2014, s’est déchaînée, laissant au petit bout de terre les stigmates de son passage éclair, et aux îliens les souvenirs d’une grande tempête comme on en vit parfois, quand on habite à l’Ile de Sein.
Ce son est un voyage. Ma découverte de l’île, après la tempête, mais aussi ma rencontre avec l’une de ses habitantes, étonnante Elisabeth.

Un grand merci à Elisabeth et au maire, Jean-Pierre Kerloc’h, mais aussi à tous les îliens qui m’ont chaleureusement soutenue pendant la traversée mouvementée, puis guidée dans les mystères du lieu lors de cette courte escale.

« Après la Tempête » sera diffusé le samedi 28 juin 2014 sous la yourte à son lors des Rencontres du Film Documentaire organisées par l’association Ty Films à Mellionnec (Côtes d’Armor).

Le creux des mots crus

Inspirée des unes du Dauphiné Libéré grenoblois, autrement surnommé le « Daubé » par ses détracteurs, cette création sonore invite à un regard décalé sur le contenu de ce que ce genre de rédaction (si tant est qu’il en soit une) cherche à nous suggérer… Mais ce n’est qu’un début, une forme encore très embryonnaire de mes pensées à ce sujet…