Socialement parlant on s’en fout!

Photo : G. Falgon

Au départ, c’est un processus trouble à bord duquel on se risque, où il faut se laisser délicieusement bercer. Ca tourne ensuite au feu d’artifice d’idées, lorsque l’on se délecte d’absurde et d’inconnu et que, dans le feu de l’action, l’on ne sait plus trop ce que l’on veut dire ni maîtrisons l’intégralité de ce que l’on fait, mais où l’on sait qu’on finira bien par retomber sur ses pattes. Et puis, quand vient le temps des essayages, du mâchouillage et des malaxages, que l’aventure continue et que tout prend sens, l’on se recentre et prend conscience qu’elle est vraiment enrichissante, cette expérience…

Lorsqu’une équipe de joyeux bidouilleurs de sons se réunit pour déconstruire leur vision classique et normée de l’interview, ils se retrouvent à naviguer sur les méandres vertigineux des voix et des paroles. Parfois, elles s’envolent et leur échappent, d’autres fois ils les capturent et les manipulent. Ca donne des situations cocasses, des mises en scène étonnantes, des questionnements surprenants, et pourquoi pas un résultat… intéressant ?


Ce son est un extrait de la création sonore issue de la formation « L’interview étendue » animée par Alessandro Bosetti en juillet 2014, dans le cadre de l’association Phonurgia.

Le montage est signé Aline, Lucinda et Eloïse, les prises de son sont de tout le monde : Déborah, Adeline, Cathy, Rémi, Caroline, Agnès, Maxim. Curieux, je vous invite à écouter « Qu’est ce que vous voulez que je vous dise? », la pièce dans son intégralité.

Sur La Route

« Sur La Route » a reçu le 2e prix du concours Libé/Apaj/France Culture

Daniela et Nelson, Volcan Santa Ana, El Salvador. Photo : Flor

 

« On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait » écrivait Nicolas Bouvier dans « l’Usage du Monde » en 1963.

De voyage, l’on rapporte bien plus que les quelques photos que l’on partage, les quelques souvenirs que l’on évoque. Malgré soi et à l’insu des autres, on en revient changé, « plumé ou essoré », grandi, diront certains.

Le voyage suscite les rencontres et chamboule les habitudes, il nous mène là où d’ordinaire, nous n’allons pas.

Ce son est un carnet de voyage. En avril et mai 2014, je suis allée en Amérique Centrale, au Salvador et au Nicaragua. Il m’est difficile de déterminer ce que ce voyage m’a apporté. Une chose est sûre, c’est que Nicolas Bouvier avait raison : j’en ai ramené tout autre chose que ce que j’allais y chercher. J’ai traversé des paysages, des langues, des cultures, mais j’ai aussi atteint des limites, ressenti mille émotions, vécu, tout simplement, les réalités que la vie m’a tendues.

Je dédie ce carnet de voyage sonore à Nelson dont le sourire restera toujours dans mon cœur, à Daniela que j’aime profondément et à Guillaume, mon Amour, auprès de qui j’avance et j’apprends, envers et contre tout.

Les citations sont issues d’ouvrages de Nicolas Bouvier, « L’usage du monde », « Le poisson-scorpion », « Chroniques japonaises », « Le vide et le plein (Carnets du Japon, 1964-1970).

Retrouvez la version courte de ce carnet de voyage sonore sur Libération.fr

Mon cas n’a pas de case…

Photo : Duna

« Mon cas n’a pas de case » est le témoignage croisé de deux jeunes femmes :
Jeanne (qui est tombée enceinte avant de tisser des liens avec le père de sa fille) et Maéva son amie et confidente (émancipée d’une situation de couple difficile après avoir eu deux enfants) nous font part de leur expérience et quotidien.

Maéva a accompagné Jeanne dans la maternité, des nausées et petits tracas de la grossesse à la mise au monde de sa fille Berthille.
Elles sont restées soudées par la force de cette expérience malgré un regard social plutôt inquiétant : élever son enfant seul pose toujours un problème du point de vue de la majorité et des institutions.

Ces mères, dont l’objectif n’est pas nécessairement de se remettre en couple comme on l’entend dans sa forme la plus conventionnelle, font l’objet de beaucoup d’interrogations et de jugements dans le pire des cas.
Et si l’amour, l’éducation, les relations, dont on pense souvent avoir le fin mot, avaient le droit d’être multiformes ?

Pattes d’oie

Photo : G. Falgon

Au coin de ses yeux,
De petites rides apportent à son regard
La sagesse du temps qui passe,
La prestance de l’homme qui pense,
Silencieux,
Mystérieux.

Il économise les mots comme les sourires,
N’en pense pas moins mais ne dit pas tout,
Embrasse le vent,
Imprègne ma vie,
Emprunte sa voie.

L’homme mesure,
Il s’interdit les écarts
Et avec parcimonie,
M’offre ses égards.

Il conjugue son allure à celle du temps,
S’enivre de saisons,
S’habille de bourgeons,
Se délecte de sensations.

Tranquillement, il avance,
Ignorant l’ennui,
Saisissant la vie.

 

 

 

 

Katia

Katia, c’est un documentaire à une seule voix, celle qui raconte avec force un amour et une grossesse, seule, sans son homme qui s’est suicidé au troisième mois, et la vie qui continue. 1er prix du 11e festival Longueur d’Ondes… Une pièce de Magalie Schuermans.

Bleu

Photo : G. Falgon

Je vois bleu. Tu me sautes aux yeux.
Pulsions, flux et reflux,
Mes émotions scintillent. A la folie, je fonds.
Ton bleu m’inonde à en souffrir.
Je le sais, et pourtant je viens.
Entre tes mains, je désire.
Et tu me retiens.
Et moi, encore je reviens,
Je sais, et je reviens.
Parce qu’à mon insu, je veux.
Je te veux et toi, rien.

Curiosités féminines

Au Cabinet de Curiosités Féminines, on vient causer plaisir féminin avec d’autres femmes, on vient écouter d’autres expériences, on vient collecter des infos sur la thématique du jour… Pour la première, le 8 mars 2013, une petite dizaine de femmes se réunissaient autour d’Alexia et Camille-Emmanuelle, ambassadrices du cabinet et créatrices du projet. La tenue chic et sexy n’était pas de rigueur, mais visiblement elles avaient décidé d’être belles. Dans cet appartement chic du 18e arrondissement de Paris, bien installées dans leurs fauteuils et nourries aux biscuits apéro, au blanc et au rouge, ces dames ont laisser leurs langues se délier pour parler plaisir solitaire…

Merci à l’hôte secrète de l’appartement ainsi qu’à l’équipe du Cabinet de Curiosités, et puis évidemment aux participantes de l’atelier qui ont accepté sans sourciller la présence du micro…

Découvrez ici l’article de Lauren Provost, journaliste au Huffington Post, également présente lors du premier Cabinet de Curiosités Féminines.

Et puis, sur le même sujet mais sur un tout autre ton, Le Moineau Phonique est fier de vous annoncer qu’il a travaillé avec France Culture et que son documentaire « Mon Corps, le Plaisir et Moi » a été diffusé sur les grandes ondes mardi 23 avril à 23h et qu’il est podcastable et écoutable ici… Fruit de longs mois de travail, ce documentaire donne la parole à des femmes et à des hommes sur le sujet encore trop tabou de la masturbation féminine…

Photo : Joran Tabeaud

Polarités

Il arrive qu’un mouvement vous mène subitement à rencontrer quelqu’un d’inconnu et pourtant si familier que cette personne vous appelle, comme un aimant.

Pourquoi maintenant ?

Alter aussi étrange que savoureux, vierge de vos projections,
une éclatante intelligence, compréhension s’impose à vous.
Comme si les âmes n’avaient pas besoin d’enveloppe du tout.

Étonnant spécimen humain que l’être fraîchement aimé, habitant cru et léger de votre palpitant.
Dans ces cas là alors, on peut choisir de protéger ce trésor si rare et si puissant.
Votre Histoire d’Amour déjà ancienne pourrait se métamorphoser en un charnier fumant.

Évoquer cette rencontre et l’émotion qui vient lui donne déjà de l’importance et se change en un détonateur.
Celui qui ne fait pas parti de la fête, abandonné, devrait avoir la force généreuse de s’ouvrir et d’accueillir votre joie, profiter de ce vent rénovateur.

On se demande qui, on se demande quoi, pour quoi ?
Quel est ce sentiment à la fois de bonheur pour l’autre, à la fois de rupture pour soi, dans cette continuité tant chérie par le couple ?
Quand l’un voit ses couleurs ravivées, l’autre se trouve grisé dans son for intérieur.
Le déchirement opère.

 Aimer une personne toute sa vie, je suis sûre que c’est authentique.
Quand on aime, c’est pour toujours, je ne vois pas pourquoi ce serait autrement.
Être étourdi par le parfum de l’amour chaque fois qu’il vous frôle, c’est quelque chose que je comprends aussi. Car quoi de plus délicieux ?

1+1 = 1 sinon rien,
ça je ne crois pas.
L’amour n’a pas de loi,
Il se bricole et se créé , je crois, au jour le jour,
au gré de cette perméabilité intérieure
avec laquelle on tisse nos liens.