Macho Man

A l’écoute des singes hurleurs dans la forêt au Nicaragua, j’ai pu observer de fascinantes similitudes avec certains êtres humains de sexe masculin.
Au premier abord, on pourrait croire à un énième reportage animalier, mais si l’on tend bien l’oreille, l’on peut rapidement comprendre le fond de mon propos. Nous, êtres humains, faisons parfois preuve d’animalité, de primarité, d’excès d’instinct…
Saurez-vous distinguer l’homme du singe ?

« Macho Man » sera diffusé en séance d’écoute au festival Longueur d’Ondes de Brest qui se déroule du 27 janvier au 1er février 2015.

Mermet parle de Là-bas si j’y suis

Auditeurs de « Là-bas si j’y suis » sur France Inter, écoutez cette intervention de Daniel Mermet et Olivia Gesbert, qui répondent aux questions du public lors du festival Longueur d’Ondes 2014…  C’est sur l’oufipo, l’Ouvroir de Finistérérités Potentielles…

Isabelle, femme en galère

Isabelle a 41 ans. Depuis ses 13 ans et demi, elle connaît la galère, oscillant entre rue, hébergements d’urgence et logements transitoires. Elle vit aujourd’hui dans un studio au Versoud, à quelques kilomètres de Grenoble, avec Dorie, Fidji et Blacky, ses trois chiens.

Depuis plusieurs années, elle fréquente régulièrement le local des femmes, un lieu qui accueille plusieurs fois par semaine des femmes en errance, des femmes en galère, pour leur offrir l’hospitalité, un cadre, une occasion de se retrouver entre femmes, en tant que femmes. C’est grâce à cette association que je l’ai rencontrée.

Isabelle a accepté de partager des moments de vie, son quotidien, une bribe de ses multiples rendez-vous médicaux et administratifs. C’est comme ça que j’ai pu la suivre, sur deux semaines, dans divers lieux qu’elle fréquente : sur l’exploitation d’un maraîcher à Sassenage, lors d’un repas à l’association Totem à Grenoble, chez elle où elle hébergeait sa compagne Nathalie, lors d’un rendez-vous avec des travailleurs sociaux au POHI (Pôle d’Orientation pour l’Hébergement d’Insertion), ou encore à la clinique dentaire.

Un grand merci à Isabelle pour sa disponibilité et à Maïwen de l’association Femmes SDF pour avoir permis cette rencontre.

« Isabelle, femme en galère » sera diffusé le samedi 28 juin 2014 sous la yourte à son lors des Rencontres du Film Documentaire organisées par l’association Ty Films à Mellionnec (Côtes d’Armor).

Mon Corps, le Plaisir et Moi

Un documentaire diffusé sur France Culture pour l’Atelier de la Création, le 23 avril 2013.

Ecoutez-le ici…

Dans « Mon Corps, le Plaisir et Moi », nous avons enquêté sur la sexualité solitaire des femmes. Si la sexualité en couple est parfois difficile à verbaliser, le plaisir en solo l’est probablement encore plus. Sans compter les stéréotypes culturels et sociaux qui pèsent sur l’image de la sexualité féminine… Nous sommes parties du principe qu’il n’y a pas besoin d’être docteur ès sexe pour parler des voluptés féminines, et nous avons décidé de collecter les paroles d’hommes et de femmes de 17 à 77 ans. Ces conversations à la frontière du tabou, toujours dans la pudeur, ont suscité en nous des interrogations, des sourires, des chamboulements… et nous comptons sur la richesse de ces expériences contées pour alimenter le débat sur la masturbation féminine, sujet que toutes les femmes pourraient toucher du doigt ! La radio n’est-elle pas un porte-voix privilégié pour ce genre d’intimités ?

Tour(isme) en Baie d’Halong


Qui a dit que le voyage était l’occasion de s’ouvrir au monde ?
Ne peut-on pas voyager en restant enfermé dans sa bulle ?
N’est-ce pas encore une occasion de s’enrichir sur le dos de braves gens ?
A force de vouloir rencontrer, découvrir, mélanger, ne sommes-nous pas en train de tout uniformiser ?
Finalement, voyager, n’est-ce pas foncer droit dans le mur?


Mon petit diable de lucidité aurait tendance à penser ça et pourtant, je continue à voyager. J’aime ça. Je me dis que je le fais avec respect et ouverture, comme probablement la majorité des touristes qui pervertissent le monde…

Face à mes questionnements, je me débats dans les eaux troubles de la baie d’Halong, au Vietnam, entre auto-dérision et bonne conscience…
Cette chose sonore est à l’image de mes interrogations, glissante et flottante. Tantôt profonde, tantôt en surface, elle donne à entendre mes incohérences…

« Tour(isme) en Baie d’Halong » a été diffusé lors du festival Rendez-Vous Du Carnet De Voyage 2013 à Clermont Ferrand et à la Semaine du Carnet de Voyage à Saint Céré dans le Lot au mois de mars 2014.

Retrouvez cet article sur Liberation.fr

 

 

« Comment j’ai perdu mon père »

« Comment j’ai perdu mon père », c’est un docu-fiction rondement mené, triste et beau, raconté par Gabrielle Edelman, une fille qui fait revivre, à travers les témoignages de ses proches, la difficile histoire de son père, chirurgien malade du sida. Scotchant.

Epidémie « An II »

Bon sang, mais qu’est-ce qu’ils ont tous à nous balancer de l’An II à tort et à travers ? C’est quoi cette manie des médias de reprendre tous les même formules à la mord-moi-le-nœud, au point de nous, lecteurs, auditeurs, téléspectateurs, contraindre à les intégrer à l’insu de notre plein gré ?! C’est quand même un monde, dirait ma grand-mère ! Tout ça pour dire que Monsieur le président entame la deuxième année de son quinquennat, comme s’il s’agissait des habituelles bonnes résolutions que tout sage être humain devrait prendre au 1er janvier chaque année… Parce que oui, le discours de jeudi soir qui marque le début de « l’an II du hollandisme au pouvoir » (Marianne) marquerait, comme faire péter le champagne, le début d’une nouvelle ère ou d’une nouvelle année, au moment où l’on fait la liste des bonnes résolutions à venir… Vous savez, ces belles idées qui nous traversent l’esprit un jour et qu’on assène à tire-larigot début janvier à qui veut bien les entendre, et qui, les semaines et les mois passant, sont aussi vite oubliées ou mises de côté qu’elles sont venues… On place des mots-clés pour marquer le coup, on s’auto-persuade du bienfondé et de la valeur de nos résolutions, on essaie de s’y tenir quelques heures et puis rapidement, on est rattrapé par son quotidien, ses pulsions, ses vices, ses habitudes et les bonnes résolutions disparaissent petit à petit…

Le problème, c’est qu’entre le discours d’un président et ses propres bonnes résolutions, il y a une légère différence…

Alors que les bonnes résolutions n’engagent que celui ou celle qui les fomente, lui permettant ainsi de n’avoir sur la conscience que sa propre déception s’il ne les respecte pas, celles d’un président concernent le devenir de tout un pays et du coup de tout un chacun, il se doit donc un peu plus de les respecter, ou tout du moins de tout mettre en œuvre pour les respecter. Si ça fonctionne comme les arguments des candidats aux élections lors de leurs campagnes, on est mal barrés… Peut-être que c’est ça, la politique, de grands mots et pas grand chose derrière…

Quand j’ai entendu pour la première fois cette expression hier soir – l’An II – j’ai tout de suite pensé à « l’An 01 », ce film de Jacques Doillon, Gébé, Alain Resnais et Jean Rouch, qui regroupe un bon paquet d’acteurs bien connus aujourd’hui. Réalisé en 1973, il véhicule des idées tout à fait transposables à 2013 : il invite à faire un pas de côté, à tout arrêter et propose avec humour une réelle réflexion sur le devenir de la société de consommation et le productivisme, sur l’écologie et l’utopie, loin, très loin des préoccupations de notre cher président.

« L’An 01 » et « l’An II » ont ceci en commun qu’ils sont politiques, mais on en apprend probablement beaucoup plus dans « l’An 01 » que dans « l’An II » qui est en train de commencer, c’est pourquoi plutôt que d’écouter la bouche ouverte les médias qui nous martèlent d’expressions aussi inutiles que les bonnes résolutions, je vous invite à regarder « l’An 01 »…

Curiosités féminines

Au Cabinet de Curiosités Féminines, on vient causer plaisir féminin avec d’autres femmes, on vient écouter d’autres expériences, on vient collecter des infos sur la thématique du jour… Pour la première, le 8 mars 2013, une petite dizaine de femmes se réunissaient autour d’Alexia et Camille-Emmanuelle, ambassadrices du cabinet et créatrices du projet. La tenue chic et sexy n’était pas de rigueur, mais visiblement elles avaient décidé d’être belles. Dans cet appartement chic du 18e arrondissement de Paris, bien installées dans leurs fauteuils et nourries aux biscuits apéro, au blanc et au rouge, ces dames ont laisser leurs langues se délier pour parler plaisir solitaire…

Merci à l’hôte secrète de l’appartement ainsi qu’à l’équipe du Cabinet de Curiosités, et puis évidemment aux participantes de l’atelier qui ont accepté sans sourciller la présence du micro…

Découvrez ici l’article de Lauren Provost, journaliste au Huffington Post, également présente lors du premier Cabinet de Curiosités Féminines.

Et puis, sur le même sujet mais sur un tout autre ton, Le Moineau Phonique est fier de vous annoncer qu’il a travaillé avec France Culture et que son documentaire « Mon Corps, le Plaisir et Moi » a été diffusé sur les grandes ondes mardi 23 avril à 23h et qu’il est podcastable et écoutable ici… Fruit de longs mois de travail, ce documentaire donne la parole à des femmes et à des hommes sur le sujet encore trop tabou de la masturbation féminine…

Photo : Joran Tabeaud

Nous les femmes, sournoises et méchantes

Un des clichés récurent trop souvent scotché sur le front de la femme, c’est qu’elle est douce et compréhensive, maternelle et non violente par nature… En tant que femme, je pourrais estimer que c’est hyper flatteur, chic et plutôt classe, mais si je fais preuve d’esprit critique et que je sors de ma botte secrète ma clairvoyance et ma lucidité, ça me donne envie de m’exprimer très vulgairement et de devenir verbalement violente, chose qui, si l’on en croit les clichés, ne devrait même pas passer par le cerveau d’une femelle normalement constituée. Pourtant, je vous l’assure, je suis biologiquement à la pointe de la féminité…

Avertissement : mon objectif ici est de démontrer que les clichés sentent vraiment très mauvais, que les femmes ne se réduisent pas à de la gentillesse et à de la délicatesse gratuites et sont des êtres humains comme les autres, munies de tares et capables d’excès, et que là, on en a la preuve décédée…

Dans son Miss Maggie sorti en 1985, à la fois hymne à la femme non stéréotypée et véritable pamphlet contre une Margaret Thatcher en plein buzz, le jeune rebelle Renaud chante que l’exception confirme la règle et sous-entend (merci Renaud) que les généralités ne font souvent pas bon ménage avec les réalités. Pendant son mandat de premier ministre du Royaume Uni qui a duré exactement 11 ans, 6 mois et 24 jours, la Dame de Fer n’a pas volé son sobriquet, prouvant au monde entier que les clichés étiquetés à la gente féminine, on pouvait se les carrer bien profondément dans le séant.

Douce… Miss Maggie a-t-elle, pendant son mandat, fait preuve de douceur envers ses compatriotes ? La dissuasion nucléaire, est-ce une manière douce de protéger ses congénères?

Compréhensive… Fermer les mines de charbon et imposer le chômage à des dizaines de milliers de travailleurs, est-ce vraiment tenter de les comprendre ? Et mettre des bâtons dans les roues des syndicats, est-ce que c’est tenter de comprendre les travailleurs ?

Maternelle… Ne pas réagir face aux grèves de la faim d’hommes de l’IRA provisoire, allant jusqu’à laisser mourir 10 personnes, est-ce bien de l’ordre de l’instinct maternel ?

Non violente… Et la guerre des Malouines, et les mineurs, et les syndicats, et les grévistes de la faim, et la dissuasion nucléaire ? Et et et…

En voilà, un bon paquet d’exceptions poussées jusqu’à d’inacceptables extrêmes ! Et tout ça par une seule et même femme !

Dans chaque être s’emboîtent et se croisent féminité et masculinité, individualité et humanité. Chaque individu a ses qualités et ses défauts, son tempérament et ses particularités, sa propre complexité. Et oui, certaines femmes peuvent même se comporter en tyrans ! Encore une occasion pour tirer la chasse aux généralités !