Pense-Temps

Photo : G.Falgon

Silence…
Je pense…
Je pense en dents de scie
Que prendre le temps a du sens.

Je célèbre la lenteur
Et m’accorde une transe,
Semi tempête,
Demi silence.

Je pense que l’ellipse sème le mensonge,
Je rêve qu’une éclipse rompe le manège,
Le tournis des ambitions,
La nausée des illusions.

Je peine à penser que se presser a du bon,
J’hiberne en pensées
Et j’écoute les sons,
Grands messes lissées ou scènes épicées.

Je cille quand persifle le vent
D’orateurs viciés des chevilles jusqu’aux pieds,
J’opine quand perdure le temps,
L’écoute attentive des sonnets du présent.

Loire

Se déplacer à un rythme humain et prendre le temps de prêter l’oreille à la vie, Sophie Berger l’a fait avec « Loire », un retour aux sources du fleuve, au fil du son, jusqu’à Nantes. Une démarche sensible pour une marche lente, dans un monde moderne qui perd de son sens. Ca vaut le coup de prendre le temps de l’écoute… Elle a reçu le prix Pierre Schaeffer 2013 et a été interviewée par Radio Campus Paris.

Tour(isme) en Baie d’Halong


Qui a dit que le voyage était l’occasion de s’ouvrir au monde ?
Ne peut-on pas voyager en restant enfermé dans sa bulle ?
N’est-ce pas encore une occasion de s’enrichir sur le dos de braves gens ?
A force de vouloir rencontrer, découvrir, mélanger, ne sommes-nous pas en train de tout uniformiser ?
Finalement, voyager, n’est-ce pas foncer droit dans le mur?


Mon petit diable de lucidité aurait tendance à penser ça et pourtant, je continue à voyager. J’aime ça. Je me dis que je le fais avec respect et ouverture, comme probablement la majorité des touristes qui pervertissent le monde…

Face à mes questionnements, je me débats dans les eaux troubles de la baie d’Halong, au Vietnam, entre auto-dérision et bonne conscience…
Cette chose sonore est à l’image de mes interrogations, glissante et flottante. Tantôt profonde, tantôt en surface, elle donne à entendre mes incohérences…

« Tour(isme) en Baie d’Halong » a été diffusé lors du festival Rendez-Vous Du Carnet De Voyage 2013 à Clermont Ferrand et à la Semaine du Carnet de Voyage à Saint Céré dans le Lot au mois de mars 2014.

Retrouvez cet article sur Liberation.fr

 

 

Le pape, la religion et moi

Photo : Rio de Janeiro, Août 2006, Eloïse Plantrou

Je n’y connais strictement rien en religion. Mais alors, vraiment que dalle ! J’ai même été élevée dans une certaine méfiance des curés et des sœurs, sur lesquels j’ai entendu beaucoup plus de mal que de bien. Assez logiquement, je ne crois pas en Dieu. Mais parfois, je me dis quand même, j’ai d’énooormes lacunes en culture catholique et, il faut bien l’avouer, bah ça fait bel et bien partie de notre culture française, qu’on le veuille ou non.

Déjà toute petite, à l’école, j’en souffrais un peu. Je me sentais disons… différente. « Quoi ? T’es pas baptisée ? » « Quoi ? Tes parents sont pas mariés ?! Nom de Di%#, mais comment ils ont fait pour t’avoir ?!! ». Oui, j’ai entendu des choses comme ça en classe de CP, CE1, CE2, CM1, CM2, et puis probablement avant et après. Et non, je ne savais pas bien quoi répondre. J’étais même (en cachette) parfois un peu envieuse de ceux qui allaient au catéchisme. L’éducation religieuse ne m’intéressait pas, non, c’était plutôt le fait de se retrouver tous ensemble en dehors de l’école, une occasion supplémentaire de faire des bêtises, dire des bêtises, écouter des bêtises… Et oui, il est temps de le dévoiler, mes petits camarades qui ont suivi assidûment, pendant de longues années, les heures de catéchisme, les gueules d’anges qui ont fait leur première communion et leur profession de foi ne m’ont jamais parlé de Jésus, Marie ou je-ne-sais-qui, ils me racontaient plutôt, comme je le disais plus haut, toutes les niaiseries qu’il y avait autour…

Maintenant que je suis en âge de comprendre ce qui a poussé mes parents à m’éloigner de la morale chrétienne, je suis plutôt fière de leurs choix et de l’éducation laïque (quoiqu’un peu borderline anticléricale) qu’ils m’ont offert. C’est décidé, je n’arroserai pas mes enfants d’eau bénite ni ne leur ferai absorber de petits bonbons offerts par le curé. Ils n’auront pas non plus l’honneur de porter une jolie robe le temps d’une journée ni de recevoir tous les jolis cadeaux que la famille leur aura apporté…

Alors oui, c’est vrai, je suis un peu à la traîne niveau culture catholique, et tout ce que je sais du nouveau pape, c’est qu’il s’appelle François (1er quand il y aura le numéro 2) et qu’il est argentin. C’est bien, l’Eglise européenne s’ouvre sur le monde, 266 papes plus tard ! Le début d’une Renaissance ! Non, franchement, vaut mieux laisser aux médias-non-incultes-en-religion le soin de causer de Jorge Mario Bergoglio et de nous dire si oui ou non, il est pour le port de la capote, il reconnaît l’homosexualité (oups, ah non, c’est vrai, il la qualifiait en 2010 de « démon infiltré dans les âmes »!) et ne blâme pas la masturbation… Alors, modéré (mais pas trop) et réformiste (mais pas trop), on dirait que le représentant de l’Eglise catholique est bien loin de nous faire vivre une renaissance…

Hétéro – Famille – Patrie

Pourquoi – alors que la France est sur le point d’adopter le mariage homosexuel et de permettre à des milliers de personnes d’obtenir un statut d’époux(se) ou de p(m)ère – faut-il qu’un autre millier de personnes se croit dans son bon droit de manifester contre ?

Pourquoi faut-il, qu’en dehors des religieux, le couple hétéro-monogame se la ramène comme si seul ce modèle pouvait régenter les histoires de cœur des un(e)s et des autres ?

Cette façon de procéder me rappelle l’interventionnisme, l’impérialisme américain et à fortiori de nos pays occidentaux, au nom du bien édicté par une poignée de Yankees, minorité qui s’imagine « majeure » et supérieure en pensée.

Combien verraient leur vie basculer après l’adoption de cette loi ?
Chacun ferait mieux de s’interroger sur le bien-fondé de ses peurs profondes, regarder dans un miroir grossissant la fameuse Famille hétéro-bien-pensante…

Peur de quoi ?
De voir des gouines s’acheter deux robes de mariées au lieu d’une ?
Tomber sur deux pédés regarder le foot en se tenant la main ?

Peur que ces personnes (qui ont la plupart du temps un cœur qui bat, je le rappelle) vivent dans l’amour et la joie plutôt que dans la honte et la crainte ?

Le couple hétéro-bien-pensant a t-il peur de ne pas avoir la médaille de la parentalité ? De ne pas détenir la vérité sur laquelle toutes ses contradictions reposent ?

Allez, j’arrête. Mais soyons sérieux : arrêtons de lutter contre l’idée que des gens qui s’aiment obtiennent des droits…

Homophobie ordinaire?


« Vous ne passerez pas les portes du paradis », c’est ce qu’a dit un vieux monsieur à une moins vieille dame après qu’elle m’ait confié que l’amour entre deux personnes du même sexe, c’était acceptable, même si bon, c’est un peu déviant quand même…

Curieuse comme je suis, je n’ai pas pu m’empêcher d’aller traîner mon micro à une manifestation anti mariage pour tous organisée à Lyon le 17 novembre dernier…
Je vous laisse découvrir les argumentaires et autres pulsions réactionnaires de la France bien pensante en pleine manif bon enfant… ça fait froid dans le dos !
Souriez, vous êtes clichés !

Photo : Gay Pride, Avenida Paulista, Sao Paulo, Juin 2007

Comment s’en sortir dans un monde cruel comme celui-ci ?

 Depuis la tendre enfance, on sait que l’être humain se construit de récits.

Le cinéma, les livres sont du récit et l’information qu’elle soit filmée, écrite ou orale est elle aussi en plein dans le monde des Histoires.

C’est bien ce qui nous différencie des autres êtres vivants, si l’on exclue les méthodes de communication telles que les chants, les sonars, les cris et autres gestuelles animales.

 On commence d’abord par recevoir des récits essentiels ou des éléments nous expliquant « ce que je fais là » et comment fonctionne le monde : ceux des parents.

Cela nous permet de situer, construire une image de nous même, des références, des points de comparaison pour comprendre autrui.

Par la suite, lorsqu’on devient soi-même producteur de récits, on tisse et on brode, on chantonne le monde à sa façon.

Un peu plus tard d’autres s’efforcent de parfaire votre éducation, de vous injecter différentes Histoires dans l’esprit par la force et l’effet de masse.

Que faire ???

1) Restez calme

2) Prenez votre courage à deux mains, lisez, écoutez, ou encore regardez quelques journaux, radios ou télévisions qui se présentent à vous.

3) Faites une liste des choses qui vous ont semblé étranges (la qualité de l’expression, le manque de diversité de l’information, le ton employé, l’importance ou non de l’information dans votre vie et, à plus large échelle, celle de ceux de votre entourage, puis à l’échelle de l’évolution humaine.

4) Demandez-vous : « est ce que j’aurai choisi ce sujet » ou alors « l’aurai-je traité autrement ? « L’aurai-je écris autrement ? » « Est-ce si difficile de faire mieux ? »

 5) Cela vaut-il vraiment la peine d’être lu, regardé, écouté ? Qu’en ai-je retiré ? Cela va t-il m’aider à avancer, à faire un monde plus beau, plus intelligent, plus humain ?

 6) Quand vous aurez médité à ces questions, prenez ce journal et ôtez lui ses feuillets un à un. Si c’est une télé, une radio, démonter le ou la pour voir si il y a un problème de fonctionnement.

7) Faites-en des boules de 15 à 20 centimètres de diamètre et placez-les soigneusement dans votre poêle à bois.

8) Craquez une allumette et faites partir le feu.

 9) Dites merci à celles et ceux qui continuent de respecter le travail de journaliste et honorez-les en les lisant vraiment. En les soutenant.

10) Participez vous aussi et mettez tous vos talents au service d’une expression éclairée, libérée de conflits d’intérêts, d’ego ou de pouvoir…

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Il y a quelques mois se déroulaient les Assises du journalisme, dans l’Ouest.

France Culture s’y rendait, couvrir l’événement en 2 minutes.

Résultat des courses et résumé bref de l’état du journalisme en France : « il est formidable. »

La journaliste avait interviewé une algérienne et une tunisienne (ça donne bonne conscience), toutes deux acquises à la cause du problème : le journalisme français, c’est mieux que pas d’expression du tout, c’est vrai.

Les voeux d’Eloïse

A moins que les prédicateurs ne nous aient fait une farce en nous induisant en erreur sur la date, il semblerait que nous soyons passé avec brio à travers la fin du monde. D’ailleurs, le jour tant attendu du 21 décembre 2012, celui qui a fait couler tant d’encre et alimenté tant de discussions toutes plus intéressantes les unes que les autres, semble déjà oublié, enseveli sous des kilos de masse graisseuse consciencieusement pris lors de ripailles en famille (pour les plus chanceux, évidemment).

La fièvre de la fin du monde passée aussi vite qu’un clic sur internet, nous voilà maintenant totalement préoccupés par le prochain grand événement à venir : le réveillon de la nouvelle année, où, là encore, nombre d’entre nous festoieront jusqu’à en oublier les dures réalités de notre monde.

Mon but n’est pas ici de faire la rabat-joie en vous conseillant de ne pas faire (encore !) des excès à la saint sylvestre, mais plutôt de partager avec vous mon optimisme du jour…

D’abord, je vous propose de vous pencher sur le présent et de le regarder en souriant (béatement, si vous le souhaitez…).
Vous pouvez maintenant porter sur l’avenir un œil plein d’espoir…
Imaginez que le remue ménage que les médias nous ont servi autour de la fin du monde ait été utilisé totalement différemment, pour nous donner foi en la vie, en l’humain, en la terre.
Imaginez maintenant que la fin du monde soit la fin d’un monde (oui je sais, ça vient pas de moi… mais ça fait pas de mal de le rappeler !), le début d’autre chose, quelque chose de fort, quelque chose de puissant, quelque chose de cohérent.
Dites vous que cette date marque peut-être le moment de voir les choses autrement, qu’il est peut-être temps d’arrêter de ne faire que penser, que l’enjeu est désormais d’agir, en se souvenant que tout un chacun doit pouvoir choisir ce qu’il veut quand il le veut, qu’il est le seul maître à bord de son paquebot-destin, qu’il doit essayer de se donner les moyens de réaliser ses rêves, d’être positif et de puiser l’énergie nécessaire pour caresser son bonheur.

Cette période de l’année, c’est l’occasion de se souvenir que chacun est libre de faire un pas de côté, de la taille qu’il veut, quand il veut, en restant fidèle à ses convictions, et que c’est bien de s’en souvenir chaque jour !

Je vous souhaite sur ce une belle fin d’année 2012, un beau passage à l’an 2013, une magnifique suite, avec plein de petits sauts, de grands rebonds, d’immenses sursauts!

Education aux médias

Les médias aujourd’hui plus que jamais méritent d’être explorés et questionnés, quelque soit notre âge et notre culture.
En effet, comment être imperméable à ce qu’ils veulent nous dire ?
Et ce que veulent nous dire les médias est-il toujours à prendre au pied de la lettre ?

C’est grâce à la pratique du métier de journaliste et, plus largement, de producteur de média qui se questionne, s’efforce d’être indépendant et représentatif de la diversité sociale et culturelle, que nous sommes en mesure de vous offrir des pistes de réflexion autour de ce sujet, des ateliers pratiques.

Les producteurs de médias n’endossent-ils pas la grande responsabilité d’être les relais de l’information ?

C’est d’abord aux jeunes que s‘adresse cet atelier qui a pour objectif de leur donner des pistes de compréhension du monde des médias, stimulant la curiosité, la recherche et la réflexion, leur proposant de devenir eux-mêmes producteurs de média et de créer des liens entre jeunesse et acteurs de l’information.

En abordant de multiples sujets passionnants, nous tenterons de proposer un point de vue critique sur les médias en donnant de vraies clés de compréhension afin de permettre aux jeunes de défendre des médias libres et éthiques :  Stéréotypes, éthique et déontologie du métier de journaliste, question de l’objectivité, censure et auto-censure, quantité d’information au quotidien et encore bien d’autres débats…

Nous souhaitons amener les jeunes à observer les médias et comprendre les mécanismes qui constituent l’information dans notre société.

L’atelier Education aux médias s’adresse d’abord aux collégiens et aux lycéens. Il est adaptable à la demande en fonction du nombre d’élèves, du volume horaire souhaité.
Il peut aussi concerner des adultes (sur demande).

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Le nombre, le contenu, la forme, la durée et la fréquence des ateliers est adaptable sur
mesure. Contactez nous pour plus d’informations…