L’autre lune

Chaque lune nouvelle apporte avec elle la matière, un virage et son torrent de larmes, en ces points de cycles faits d’agrégats de petites morts.
Pas la mort avec un grand « M » non, mais plutôt toutes ces (en)vies interrompues, prémices d’un chemin fantastique. Toutes les vies dont on rêve aussi.
Chaque passage nous demande de les dénombrer, d’en apprécier le poids et de les ranger bien pliées dans notre for intérieur… jusqu’à la prochaine fois.
Elles continuent de jouer leur petit théâtre d’atomes en suspend, adorables miettes à l’envergure de joyaux.
Dans ce jeu d’ombres, l’éclairage oscille toujours entre le brun et le rouge foncé.
Je trouve libérateurs les torrents de larmes qui lavent mon âme de ses nœuds et ses tensions.

Sans aucune autre vélléïté, sans que palpiter ne m’inquiète.

 

 

Mon cas n’a pas de case…

Photo : Duna

« Mon cas n’a pas de case » est le témoignage croisé de deux jeunes femmes :
Jeanne (qui est tombée enceinte avant de tisser des liens avec le père de sa fille) et Maéva son amie et confidente (émancipée d’une situation de couple difficile après avoir eu deux enfants) nous font part de leur expérience et quotidien.

Maéva a accompagné Jeanne dans la maternité, des nausées et petits tracas de la grossesse à la mise au monde de sa fille Berthille.
Elles sont restées soudées par la force de cette expérience malgré un regard social plutôt inquiétant : élever son enfant seul pose toujours un problème du point de vue de la majorité et des institutions.

Ces mères, dont l’objectif n’est pas nécessairement de se remettre en couple comme on l’entend dans sa forme la plus conventionnelle, font l’objet de beaucoup d’interrogations et de jugements dans le pire des cas.
Et si l’amour, l’éducation, les relations, dont on pense souvent avoir le fin mot, avaient le droit d’être multiformes ?

Macho Man

A l’écoute des singes hurleurs dans la forêt au Nicaragua, j’ai pu observer de fascinantes similitudes avec certains êtres humains de sexe masculin.
Au premier abord, on pourrait croire à un énième reportage animalier, mais si l’on tend bien l’oreille, l’on peut rapidement comprendre le fond de mon propos. Nous, êtres humains, faisons parfois preuve d’animalité, de primarité, d’excès d’instinct…
Saurez-vous distinguer l’homme du singe ?

« Macho Man » sera diffusé en séance d’écoute au festival Longueur d’Ondes de Brest qui se déroule du 27 janvier au 1er février 2015.

Après la tempête

Sur le quai, une petite dame est pliée en deux. Elle ramasse des algues qu’elle dépose dans un seau. Elle les appelle le goémon. C’est la mer qui l’a charrié jusque là. La mer qui, quelques jours avant, début février 2014, s’est déchaînée, laissant au petit bout de terre les stigmates de son passage éclair, et aux îliens les souvenirs d’une grande tempête comme on en vit parfois, quand on habite à l’Ile de Sein.
Ce son est un voyage. Ma découverte de l’île, après la tempête, mais aussi ma rencontre avec l’une de ses habitantes, étonnante Elisabeth.

Un grand merci à Elisabeth et au maire, Jean-Pierre Kerloc’h, mais aussi à tous les îliens qui m’ont chaleureusement soutenue pendant la traversée mouvementée, puis guidée dans les mystères du lieu lors de cette courte escale.

« Après la Tempête » sera diffusé le samedi 28 juin 2014 sous la yourte à son lors des Rencontres du Film Documentaire organisées par l’association Ty Films à Mellionnec (Côtes d’Armor).

Katia

Katia, c’est un documentaire à une seule voix, celle qui raconte avec force un amour et une grossesse, seule, sans son homme qui s’est suicidé au troisième mois, et la vie qui continue. 1er prix du 11e festival Longueur d’Ondes… Une pièce de Magalie Schuermans.

Isabelle, femme en galère

Isabelle a 41 ans. Depuis ses 13 ans et demi, elle connaît la galère, oscillant entre rue, hébergements d’urgence et logements transitoires. Elle vit aujourd’hui dans un studio au Versoud, à quelques kilomètres de Grenoble, avec Dorie, Fidji et Blacky, ses trois chiens.

Depuis plusieurs années, elle fréquente régulièrement le local des femmes, un lieu qui accueille plusieurs fois par semaine des femmes en errance, des femmes en galère, pour leur offrir l’hospitalité, un cadre, une occasion de se retrouver entre femmes, en tant que femmes. C’est grâce à cette association que je l’ai rencontrée.

Isabelle a accepté de partager des moments de vie, son quotidien, une bribe de ses multiples rendez-vous médicaux et administratifs. C’est comme ça que j’ai pu la suivre, sur deux semaines, dans divers lieux qu’elle fréquente : sur l’exploitation d’un maraîcher à Sassenage, lors d’un repas à l’association Totem à Grenoble, chez elle où elle hébergeait sa compagne Nathalie, lors d’un rendez-vous avec des travailleurs sociaux au POHI (Pôle d’Orientation pour l’Hébergement d’Insertion), ou encore à la clinique dentaire.

Un grand merci à Isabelle pour sa disponibilité et à Maïwen de l’association Femmes SDF pour avoir permis cette rencontre.

« Isabelle, femme en galère » sera diffusé le samedi 28 juin 2014 sous la yourte à son lors des Rencontres du Film Documentaire organisées par l’association Ty Films à Mellionnec (Côtes d’Armor).

Mon Corps, le Plaisir et Moi

Un documentaire diffusé sur France Culture pour l’Atelier de la Création, le 23 avril 2013.

Ecoutez-le ici…

Dans « Mon Corps, le Plaisir et Moi », nous avons enquêté sur la sexualité solitaire des femmes. Si la sexualité en couple est parfois difficile à verbaliser, le plaisir en solo l’est probablement encore plus. Sans compter les stéréotypes culturels et sociaux qui pèsent sur l’image de la sexualité féminine… Nous sommes parties du principe qu’il n’y a pas besoin d’être docteur ès sexe pour parler des voluptés féminines, et nous avons décidé de collecter les paroles d’hommes et de femmes de 17 à 77 ans. Ces conversations à la frontière du tabou, toujours dans la pudeur, ont suscité en nous des interrogations, des sourires, des chamboulements… et nous comptons sur la richesse de ces expériences contées pour alimenter le débat sur la masturbation féminine, sujet que toutes les femmes pourraient toucher du doigt ! La radio n’est-elle pas un porte-voix privilégié pour ce genre d’intimités ?

Curiosités féminines

Au Cabinet de Curiosités Féminines, on vient causer plaisir féminin avec d’autres femmes, on vient écouter d’autres expériences, on vient collecter des infos sur la thématique du jour… Pour la première, le 8 mars 2013, une petite dizaine de femmes se réunissaient autour d’Alexia et Camille-Emmanuelle, ambassadrices du cabinet et créatrices du projet. La tenue chic et sexy n’était pas de rigueur, mais visiblement elles avaient décidé d’être belles. Dans cet appartement chic du 18e arrondissement de Paris, bien installées dans leurs fauteuils et nourries aux biscuits apéro, au blanc et au rouge, ces dames ont laisser leurs langues se délier pour parler plaisir solitaire…

Merci à l’hôte secrète de l’appartement ainsi qu’à l’équipe du Cabinet de Curiosités, et puis évidemment aux participantes de l’atelier qui ont accepté sans sourciller la présence du micro…

Découvrez ici l’article de Lauren Provost, journaliste au Huffington Post, également présente lors du premier Cabinet de Curiosités Féminines.

Et puis, sur le même sujet mais sur un tout autre ton, Le Moineau Phonique est fier de vous annoncer qu’il a travaillé avec France Culture et que son documentaire « Mon Corps, le Plaisir et Moi » a été diffusé sur les grandes ondes mardi 23 avril à 23h et qu’il est podcastable et écoutable ici… Fruit de longs mois de travail, ce documentaire donne la parole à des femmes et à des hommes sur le sujet encore trop tabou de la masturbation féminine…

Photo : Joran Tabeaud

Nous les femmes, sournoises et méchantes

Un des clichés récurent trop souvent scotché sur le front de la femme, c’est qu’elle est douce et compréhensive, maternelle et non violente par nature… En tant que femme, je pourrais estimer que c’est hyper flatteur, chic et plutôt classe, mais si je fais preuve d’esprit critique et que je sors de ma botte secrète ma clairvoyance et ma lucidité, ça me donne envie de m’exprimer très vulgairement et de devenir verbalement violente, chose qui, si l’on en croit les clichés, ne devrait même pas passer par le cerveau d’une femelle normalement constituée. Pourtant, je vous l’assure, je suis biologiquement à la pointe de la féminité…

Avertissement : mon objectif ici est de démontrer que les clichés sentent vraiment très mauvais, que les femmes ne se réduisent pas à de la gentillesse et à de la délicatesse gratuites et sont des êtres humains comme les autres, munies de tares et capables d’excès, et que là, on en a la preuve décédée…

Dans son Miss Maggie sorti en 1985, à la fois hymne à la femme non stéréotypée et véritable pamphlet contre une Margaret Thatcher en plein buzz, le jeune rebelle Renaud chante que l’exception confirme la règle et sous-entend (merci Renaud) que les généralités ne font souvent pas bon ménage avec les réalités. Pendant son mandat de premier ministre du Royaume Uni qui a duré exactement 11 ans, 6 mois et 24 jours, la Dame de Fer n’a pas volé son sobriquet, prouvant au monde entier que les clichés étiquetés à la gente féminine, on pouvait se les carrer bien profondément dans le séant.

Douce… Miss Maggie a-t-elle, pendant son mandat, fait preuve de douceur envers ses compatriotes ? La dissuasion nucléaire, est-ce une manière douce de protéger ses congénères?

Compréhensive… Fermer les mines de charbon et imposer le chômage à des dizaines de milliers de travailleurs, est-ce vraiment tenter de les comprendre ? Et mettre des bâtons dans les roues des syndicats, est-ce que c’est tenter de comprendre les travailleurs ?

Maternelle… Ne pas réagir face aux grèves de la faim d’hommes de l’IRA provisoire, allant jusqu’à laisser mourir 10 personnes, est-ce bien de l’ordre de l’instinct maternel ?

Non violente… Et la guerre des Malouines, et les mineurs, et les syndicats, et les grévistes de la faim, et la dissuasion nucléaire ? Et et et…

En voilà, un bon paquet d’exceptions poussées jusqu’à d’inacceptables extrêmes ! Et tout ça par une seule et même femme !

Dans chaque être s’emboîtent et se croisent féminité et masculinité, individualité et humanité. Chaque individu a ses qualités et ses défauts, son tempérament et ses particularités, sa propre complexité. Et oui, certaines femmes peuvent même se comporter en tyrans ! Encore une occasion pour tirer la chasse aux généralités !

Peau d’croco

Photo : Joran Tabeaud

J’ai demandé un jour à ma grand-mère de me raconter son corps de vieille dame. Comment elle le percevait, comment elle le voyait, comment elle le vivait. Elle a accepté de livrer ses impressions, à froid, avec ses mots. Après coup, elle m’a confié qu’elle aurait aimé en dire davantage, formuler les choses autrement, parler par exemple de l’importance de la spiritualité. Je lui ai répondu que ce qui m’intéressait dans sa parole, c’était précisément sa perception de son corps, mais aussi la spontanéité de ses réponses, évidemment un peu biaisées par la présence du micro.
Son témoignage m’a amenée à réfléchir à ma propre perception de mon corps. C’est ainsi que j’en suis arrivée à écrire mon texte, le plus spontanément possible, quasiment d’un seul jet, comme si à mon tour j’étais interviewée et que je ne pouvais revenir en arrière. Pour jouer le même jeu qu’elle, rester au plus près de la démarche que je lui proposais.

Si on avait fait cette interview un autre jour, si j’avais écrit mon texte à un autre moment, les choses auraient probablement été exprimées différemment. Mais même s’il y a du travail derrière ce montage, ce son est une sorte d’instantané… deux femmes d’âge différent, une grand-mère et sa petite fille qui se répondent, à distance…

« Peau d’Croco » a été diffusé au Festival Longueur d’Ondes, festival de la radio et de l’écoute, à Brest le 13 avril 2014 et aux Rencontres Documentaires « Des Histoires » à Rennes le 13 avril 2014.
Il sera diffusé le samedi 28 juin 2014 sous la yourte à son lors des Rencontres du Film Documentaire organisées par l’association Ty Films à Mellionnec (Côtes d’Armor).