Tour(isme) en Baie d’Halong


Qui a dit que le voyage était l’occasion de s’ouvrir au monde ?
Ne peut-on pas voyager en restant enfermé dans sa bulle ?
N’est-ce pas encore une occasion de s’enrichir sur le dos de braves gens ?
A force de vouloir rencontrer, découvrir, mélanger, ne sommes-nous pas en train de tout uniformiser ?
Finalement, voyager, n’est-ce pas foncer droit dans le mur?


Mon petit diable de lucidité aurait tendance à penser ça et pourtant, je continue à voyager. J’aime ça. Je me dis que je le fais avec respect et ouverture, comme probablement la majorité des touristes qui pervertissent le monde…

Face à mes questionnements, je me débats dans les eaux troubles de la baie d’Halong, au Vietnam, entre auto-dérision et bonne conscience…
Cette chose sonore est à l’image de mes interrogations, glissante et flottante. Tantôt profonde, tantôt en surface, elle donne à entendre mes incohérences…

« Tour(isme) en Baie d’Halong » a été diffusé lors du festival Rendez-Vous Du Carnet De Voyage 2013 à Clermont Ferrand et à la Semaine du Carnet de Voyage à Saint Céré dans le Lot au mois de mars 2014.

Retrouvez cet article sur Liberation.fr

 

 

Epidémie « An II »

Bon sang, mais qu’est-ce qu’ils ont tous à nous balancer de l’An II à tort et à travers ? C’est quoi cette manie des médias de reprendre tous les même formules à la mord-moi-le-nœud, au point de nous, lecteurs, auditeurs, téléspectateurs, contraindre à les intégrer à l’insu de notre plein gré ?! C’est quand même un monde, dirait ma grand-mère ! Tout ça pour dire que Monsieur le président entame la deuxième année de son quinquennat, comme s’il s’agissait des habituelles bonnes résolutions que tout sage être humain devrait prendre au 1er janvier chaque année… Parce que oui, le discours de jeudi soir qui marque le début de « l’an II du hollandisme au pouvoir » (Marianne) marquerait, comme faire péter le champagne, le début d’une nouvelle ère ou d’une nouvelle année, au moment où l’on fait la liste des bonnes résolutions à venir… Vous savez, ces belles idées qui nous traversent l’esprit un jour et qu’on assène à tire-larigot début janvier à qui veut bien les entendre, et qui, les semaines et les mois passant, sont aussi vite oubliées ou mises de côté qu’elles sont venues… On place des mots-clés pour marquer le coup, on s’auto-persuade du bienfondé et de la valeur de nos résolutions, on essaie de s’y tenir quelques heures et puis rapidement, on est rattrapé par son quotidien, ses pulsions, ses vices, ses habitudes et les bonnes résolutions disparaissent petit à petit…

Le problème, c’est qu’entre le discours d’un président et ses propres bonnes résolutions, il y a une légère différence…

Alors que les bonnes résolutions n’engagent que celui ou celle qui les fomente, lui permettant ainsi de n’avoir sur la conscience que sa propre déception s’il ne les respecte pas, celles d’un président concernent le devenir de tout un pays et du coup de tout un chacun, il se doit donc un peu plus de les respecter, ou tout du moins de tout mettre en œuvre pour les respecter. Si ça fonctionne comme les arguments des candidats aux élections lors de leurs campagnes, on est mal barrés… Peut-être que c’est ça, la politique, de grands mots et pas grand chose derrière…

Quand j’ai entendu pour la première fois cette expression hier soir – l’An II – j’ai tout de suite pensé à « l’An 01 », ce film de Jacques Doillon, Gébé, Alain Resnais et Jean Rouch, qui regroupe un bon paquet d’acteurs bien connus aujourd’hui. Réalisé en 1973, il véhicule des idées tout à fait transposables à 2013 : il invite à faire un pas de côté, à tout arrêter et propose avec humour une réelle réflexion sur le devenir de la société de consommation et le productivisme, sur l’écologie et l’utopie, loin, très loin des préoccupations de notre cher président.

« L’An 01 » et « l’An II » ont ceci en commun qu’ils sont politiques, mais on en apprend probablement beaucoup plus dans « l’An 01 » que dans « l’An II » qui est en train de commencer, c’est pourquoi plutôt que d’écouter la bouche ouverte les médias qui nous martèlent d’expressions aussi inutiles que les bonnes résolutions, je vous invite à regarder « l’An 01 »…

Curiosités féminines

Au Cabinet de Curiosités Féminines, on vient causer plaisir féminin avec d’autres femmes, on vient écouter d’autres expériences, on vient collecter des infos sur la thématique du jour… Pour la première, le 8 mars 2013, une petite dizaine de femmes se réunissaient autour d’Alexia et Camille-Emmanuelle, ambassadrices du cabinet et créatrices du projet. La tenue chic et sexy n’était pas de rigueur, mais visiblement elles avaient décidé d’être belles. Dans cet appartement chic du 18e arrondissement de Paris, bien installées dans leurs fauteuils et nourries aux biscuits apéro, au blanc et au rouge, ces dames ont laisser leurs langues se délier pour parler plaisir solitaire…

Merci à l’hôte secrète de l’appartement ainsi qu’à l’équipe du Cabinet de Curiosités, et puis évidemment aux participantes de l’atelier qui ont accepté sans sourciller la présence du micro…

Découvrez ici l’article de Lauren Provost, journaliste au Huffington Post, également présente lors du premier Cabinet de Curiosités Féminines.

Et puis, sur le même sujet mais sur un tout autre ton, Le Moineau Phonique est fier de vous annoncer qu’il a travaillé avec France Culture et que son documentaire « Mon Corps, le Plaisir et Moi » a été diffusé sur les grandes ondes mardi 23 avril à 23h et qu’il est podcastable et écoutable ici… Fruit de longs mois de travail, ce documentaire donne la parole à des femmes et à des hommes sur le sujet encore trop tabou de la masturbation féminine…

Photo : Joran Tabeaud

Comment s’en sortir dans un monde cruel comme celui-ci ?

 Depuis la tendre enfance, on sait que l’être humain se construit de récits.

Le cinéma, les livres sont du récit et l’information qu’elle soit filmée, écrite ou orale est elle aussi en plein dans le monde des Histoires.

C’est bien ce qui nous différencie des autres êtres vivants, si l’on exclue les méthodes de communication telles que les chants, les sonars, les cris et autres gestuelles animales.

 On commence d’abord par recevoir des récits essentiels ou des éléments nous expliquant « ce que je fais là » et comment fonctionne le monde : ceux des parents.

Cela nous permet de situer, construire une image de nous même, des références, des points de comparaison pour comprendre autrui.

Par la suite, lorsqu’on devient soi-même producteur de récits, on tisse et on brode, on chantonne le monde à sa façon.

Un peu plus tard d’autres s’efforcent de parfaire votre éducation, de vous injecter différentes Histoires dans l’esprit par la force et l’effet de masse.

Que faire ???

1) Restez calme

2) Prenez votre courage à deux mains, lisez, écoutez, ou encore regardez quelques journaux, radios ou télévisions qui se présentent à vous.

3) Faites une liste des choses qui vous ont semblé étranges (la qualité de l’expression, le manque de diversité de l’information, le ton employé, l’importance ou non de l’information dans votre vie et, à plus large échelle, celle de ceux de votre entourage, puis à l’échelle de l’évolution humaine.

4) Demandez-vous : « est ce que j’aurai choisi ce sujet » ou alors « l’aurai-je traité autrement ? « L’aurai-je écris autrement ? » « Est-ce si difficile de faire mieux ? »

 5) Cela vaut-il vraiment la peine d’être lu, regardé, écouté ? Qu’en ai-je retiré ? Cela va t-il m’aider à avancer, à faire un monde plus beau, plus intelligent, plus humain ?

 6) Quand vous aurez médité à ces questions, prenez ce journal et ôtez lui ses feuillets un à un. Si c’est une télé, une radio, démonter le ou la pour voir si il y a un problème de fonctionnement.

7) Faites-en des boules de 15 à 20 centimètres de diamètre et placez-les soigneusement dans votre poêle à bois.

8) Craquez une allumette et faites partir le feu.

 9) Dites merci à celles et ceux qui continuent de respecter le travail de journaliste et honorez-les en les lisant vraiment. En les soutenant.

10) Participez vous aussi et mettez tous vos talents au service d’une expression éclairée, libérée de conflits d’intérêts, d’ego ou de pouvoir…

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Il y a quelques mois se déroulaient les Assises du journalisme, dans l’Ouest.

France Culture s’y rendait, couvrir l’événement en 2 minutes.

Résultat des courses et résumé bref de l’état du journalisme en France : « il est formidable. »

La journaliste avait interviewé une algérienne et une tunisienne (ça donne bonne conscience), toutes deux acquises à la cause du problème : le journalisme français, c’est mieux que pas d’expression du tout, c’est vrai.

Attaque à Charlie Hebdo, un an après

        ( Ce texte a été écrit début novembre 2011 )

        Parti en fumée, le local de Charlie ! Cramé, dévasté, molotovisé!

        La une à laquelle on a failli échapper cette semaine ? Un Charlie Hebdo rebaptisé Charia Hebdo par Mahomet, nommé rédacteur en chef pour l’occasion, qui annonce la couleur : « 100 coups de fouet si vous n’êtes pas morts de rire ». Bon. C’est du Charlie tout craché, ça. Yen a qu’aiment, et pi yen a qu’aiment pas (ça c’est Monsieur Claude Guéant qui l’a dit). Yen a qu’appellent ça de la provoc, d’autres de la liberté d’expression. Peu importe comment on appelle ça, si on aime ou si on n’aime pas, c’est pas plus choquant que ce qu’on a l’habitude de voir chez Charlie. Leur marque de fabrique c’est l’humour, trash souvent, sans limite, tout le temps (enfin presque, car il ne faut pas oublier l’éviction manu militari de Siné en 2008 pour motif d’antisémitisme, sous Philippe Val). Jusque là, les caricatures un peu limites sur la religion se soldaient par des procès, mais apparemment cette fois, on a préféré avoir recours à la violence. Et comme toute forme de violence, ça ne sert à rien, ça pourrait même faire monter la sauce. Et ouai, encore des islamistes qui viennent mettre leur grain de semoule dans notre bien joli pays ! Toujours les mêmes qui mettent à mal la démocratie ! Vite, faisons l’amalgame ! Jetons tous les musulmans hors de France, et puis tant qu’à faire, tous les arabes, et puis tiens, tant qu’on y est, n’oublions pas les sans papiers, les noirs, les étrangers, les prostituées ! Ils sont des dangers potentiels pour notre démocratie ! La preuve, ils ne se plient ni à nos codes ni à nos lois ! Ils brûlent nos journaux ! Ils bafouent la liberté d’expression ! Cette liberté que l’on défend bec et ongles, ici, dans notre pays ! Cette liberté qu’on arbore fièrement ! On a fait une révolution, nous, pour l’avoir, cette liberté ! Et ils tuent des moutons dans leurs baignoires, en plus !

        Effectivement, vu comme ça, c’est pas top d’avoir tapé dans la liberté de la presse. Mais le pire, c’est qu’on ne sait pas qui a balancé ces soi-disant cocktails molotov. Les médias parlent d’intégristes musulmans, mais a priori personne n’a été interpellé, seuls deux hommes auraient été aperçus a proximité… Et puis d’abord, c’est quoi un islamiste ou un intégriste musulman? Un mec isolé un peu dérangé qui crie Allah Akhbar en cramant un truc ? Une racaille qui se cherche une identité ? Un afghan entraîné dans les montagnes envoyé par Al Qaïda ? On ne sait même pas ce que c’est qu’un islamiste mais on est persuadé que c’est encore l’un d’eux qui a fait le coup. Et la présomption d’innocence, comme pour DSK ? Alors OK, c’est peut-être les islamistes, les coupables, mais tant qu’on n’en est pas sûr, on ferait mieux de se taire et de réfléchir. Pas comme notre Ministre de l’Intérieur, qui n’a évidemment pas pu s’empêcher de prendre le problème à bras le corps, si engagé qu’il est en faveur des libertés, et de placer que les intégristes chrétiens protestent, expriment des opinions, mais ne brûlent pas. Eux. Alors que là, on a à faire à un attentat ! Et comme par hasard, le mot attentat, depuis 10 ans, on le fait facilement rimer avec islamisme.

        Alors voilà, tout ça pour dire que ceux qui ont incendié les locaux de Charlie, bah ils sont un peu bêtes. D’une parce qu’ils ont osé toucher à la sacro sainte liberté de la presse, et ça ça sent pas bon pour leur matricule, et de deux parce que s’il s’agit bien d’islamistes ou du moins de musulmans intégristes, ils ne font qu’envenimer une situation déjà difficile pour les musulmans de France (et les arabes, et les étrangers, et les prostituées, et les noirs, et, et, et…). Une aubaine pour ceux qui souhaitent alimenter les peurs à l’approche des élections…


Education aux médias

Les médias aujourd’hui plus que jamais méritent d’être explorés et questionnés, quelque soit notre âge et notre culture.
En effet, comment être imperméable à ce qu’ils veulent nous dire ?
Et ce que veulent nous dire les médias est-il toujours à prendre au pied de la lettre ?

C’est grâce à la pratique du métier de journaliste et, plus largement, de producteur de média qui se questionne, s’efforce d’être indépendant et représentatif de la diversité sociale et culturelle, que nous sommes en mesure de vous offrir des pistes de réflexion autour de ce sujet, des ateliers pratiques.

Les producteurs de médias n’endossent-ils pas la grande responsabilité d’être les relais de l’information ?

C’est d’abord aux jeunes que s‘adresse cet atelier qui a pour objectif de leur donner des pistes de compréhension du monde des médias, stimulant la curiosité, la recherche et la réflexion, leur proposant de devenir eux-mêmes producteurs de média et de créer des liens entre jeunesse et acteurs de l’information.

En abordant de multiples sujets passionnants, nous tenterons de proposer un point de vue critique sur les médias en donnant de vraies clés de compréhension afin de permettre aux jeunes de défendre des médias libres et éthiques :  Stéréotypes, éthique et déontologie du métier de journaliste, question de l’objectivité, censure et auto-censure, quantité d’information au quotidien et encore bien d’autres débats…

Nous souhaitons amener les jeunes à observer les médias et comprendre les mécanismes qui constituent l’information dans notre société.

L’atelier Education aux médias s’adresse d’abord aux collégiens et aux lycéens. Il est adaptable à la demande en fonction du nombre d’élèves, du volume horaire souhaité.
Il peut aussi concerner des adultes (sur demande).

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Le nombre, le contenu, la forme, la durée et la fréquence des ateliers est adaptable sur
mesure. Contactez nous pour plus d’informations…