Mermet parle de Là-bas si j’y suis

Auditeurs de « Là-bas si j’y suis » sur France Inter, écoutez cette intervention de Daniel Mermet et Olivia Gesbert, qui répondent aux questions du public lors du festival Longueur d’Ondes 2014…  C’est sur l’oufipo, l’Ouvroir de Finistérérités Potentielles…

Après la tempête

Sur le quai, une petite dame est pliée en deux. Elle ramasse des algues qu’elle dépose dans un seau. Elle les appelle le goémon. C’est la mer qui l’a charrié jusque là. La mer qui, quelques jours avant, début février 2014, s’est déchaînée, laissant au petit bout de terre les stigmates de son passage éclair, et aux îliens les souvenirs d’une grande tempête comme on en vit parfois, quand on habite à l’Ile de Sein.
Ce son est un voyage. Ma découverte de l’île, après la tempête, mais aussi ma rencontre avec l’une de ses habitantes, étonnante Elisabeth.

Un grand merci à Elisabeth et au maire, Jean-Pierre Kerloc’h, mais aussi à tous les îliens qui m’ont chaleureusement soutenue pendant la traversée mouvementée, puis guidée dans les mystères du lieu lors de cette courte escale.

« Après la Tempête » sera diffusé le samedi 28 juin 2014 sous la yourte à son lors des Rencontres du Film Documentaire organisées par l’association Ty Films à Mellionnec (Côtes d’Armor).

Isabelle, femme en galère

Isabelle a 41 ans. Depuis ses 13 ans et demi, elle connaît la galère, oscillant entre rue, hébergements d’urgence et logements transitoires. Elle vit aujourd’hui dans un studio au Versoud, à quelques kilomètres de Grenoble, avec Dorie, Fidji et Blacky, ses trois chiens.

Depuis plusieurs années, elle fréquente régulièrement le local des femmes, un lieu qui accueille plusieurs fois par semaine des femmes en errance, des femmes en galère, pour leur offrir l’hospitalité, un cadre, une occasion de se retrouver entre femmes, en tant que femmes. C’est grâce à cette association que je l’ai rencontrée.

Isabelle a accepté de partager des moments de vie, son quotidien, une bribe de ses multiples rendez-vous médicaux et administratifs. C’est comme ça que j’ai pu la suivre, sur deux semaines, dans divers lieux qu’elle fréquente : sur l’exploitation d’un maraîcher à Sassenage, lors d’un repas à l’association Totem à Grenoble, chez elle où elle hébergeait sa compagne Nathalie, lors d’un rendez-vous avec des travailleurs sociaux au POHI (Pôle d’Orientation pour l’Hébergement d’Insertion), ou encore à la clinique dentaire.

Un grand merci à Isabelle pour sa disponibilité et à Maïwen de l’association Femmes SDF pour avoir permis cette rencontre.

« Isabelle, femme en galère » sera diffusé le samedi 28 juin 2014 sous la yourte à son lors des Rencontres du Film Documentaire organisées par l’association Ty Films à Mellionnec (Côtes d’Armor).

Mon Corps, le Plaisir et Moi

Un documentaire diffusé sur France Culture pour l’Atelier de la Création, le 23 avril 2013.

Ecoutez-le ici…

Dans « Mon Corps, le Plaisir et Moi », nous avons enquêté sur la sexualité solitaire des femmes. Si la sexualité en couple est parfois difficile à verbaliser, le plaisir en solo l’est probablement encore plus. Sans compter les stéréotypes culturels et sociaux qui pèsent sur l’image de la sexualité féminine… Nous sommes parties du principe qu’il n’y a pas besoin d’être docteur ès sexe pour parler des voluptés féminines, et nous avons décidé de collecter les paroles d’hommes et de femmes de 17 à 77 ans. Ces conversations à la frontière du tabou, toujours dans la pudeur, ont suscité en nous des interrogations, des sourires, des chamboulements… et nous comptons sur la richesse de ces expériences contées pour alimenter le débat sur la masturbation féminine, sujet que toutes les femmes pourraient toucher du doigt ! La radio n’est-elle pas un porte-voix privilégié pour ce genre d’intimités ?

Tour(isme) en Baie d’Halong


Qui a dit que le voyage était l’occasion de s’ouvrir au monde ?
Ne peut-on pas voyager en restant enfermé dans sa bulle ?
N’est-ce pas encore une occasion de s’enrichir sur le dos de braves gens ?
A force de vouloir rencontrer, découvrir, mélanger, ne sommes-nous pas en train de tout uniformiser ?
Finalement, voyager, n’est-ce pas foncer droit dans le mur?


Mon petit diable de lucidité aurait tendance à penser ça et pourtant, je continue à voyager. J’aime ça. Je me dis que je le fais avec respect et ouverture, comme probablement la majorité des touristes qui pervertissent le monde…

Face à mes questionnements, je me débats dans les eaux troubles de la baie d’Halong, au Vietnam, entre auto-dérision et bonne conscience…
Cette chose sonore est à l’image de mes interrogations, glissante et flottante. Tantôt profonde, tantôt en surface, elle donne à entendre mes incohérences…

« Tour(isme) en Baie d’Halong » a été diffusé lors du festival Rendez-Vous Du Carnet De Voyage 2013 à Clermont Ferrand et à la Semaine du Carnet de Voyage à Saint Céré dans le Lot au mois de mars 2014.

Retrouvez cet article sur Liberation.fr

 

 

Solexine

Pour se sentir moins seuls et garder ou retrouver un contact avec la société, pour passer du temps à exprimer leur créativité, pour se ressourcer, rencontrer, partager, penser à autre chose, une centaine d’adhérents viennent régulièrement à Solexine, association grenobloise de réinsertion sociale. Solexine, pour SOlidarité, EXpression, INitiative.
Reportage…

Un grand merci à Salim, Alix, Jessica, Michèle, Rose, Yohan, Sylvie, Laurette, Emilie et d’autres dont je n’ai pas les prénoms, Pierre Roy, un des deux coordinateurs de la structure, en charge du développement social, et Thierry Cascalès, l’intervenant arts platsiques.
Merci à l’équipe de Solexine pour son accueil et sa chaleur.

Epidémie « An II »

Bon sang, mais qu’est-ce qu’ils ont tous à nous balancer de l’An II à tort et à travers ? C’est quoi cette manie des médias de reprendre tous les même formules à la mord-moi-le-nœud, au point de nous, lecteurs, auditeurs, téléspectateurs, contraindre à les intégrer à l’insu de notre plein gré ?! C’est quand même un monde, dirait ma grand-mère ! Tout ça pour dire que Monsieur le président entame la deuxième année de son quinquennat, comme s’il s’agissait des habituelles bonnes résolutions que tout sage être humain devrait prendre au 1er janvier chaque année… Parce que oui, le discours de jeudi soir qui marque le début de « l’an II du hollandisme au pouvoir » (Marianne) marquerait, comme faire péter le champagne, le début d’une nouvelle ère ou d’une nouvelle année, au moment où l’on fait la liste des bonnes résolutions à venir… Vous savez, ces belles idées qui nous traversent l’esprit un jour et qu’on assène à tire-larigot début janvier à qui veut bien les entendre, et qui, les semaines et les mois passant, sont aussi vite oubliées ou mises de côté qu’elles sont venues… On place des mots-clés pour marquer le coup, on s’auto-persuade du bienfondé et de la valeur de nos résolutions, on essaie de s’y tenir quelques heures et puis rapidement, on est rattrapé par son quotidien, ses pulsions, ses vices, ses habitudes et les bonnes résolutions disparaissent petit à petit…

Le problème, c’est qu’entre le discours d’un président et ses propres bonnes résolutions, il y a une légère différence…

Alors que les bonnes résolutions n’engagent que celui ou celle qui les fomente, lui permettant ainsi de n’avoir sur la conscience que sa propre déception s’il ne les respecte pas, celles d’un président concernent le devenir de tout un pays et du coup de tout un chacun, il se doit donc un peu plus de les respecter, ou tout du moins de tout mettre en œuvre pour les respecter. Si ça fonctionne comme les arguments des candidats aux élections lors de leurs campagnes, on est mal barrés… Peut-être que c’est ça, la politique, de grands mots et pas grand chose derrière…

Quand j’ai entendu pour la première fois cette expression hier soir – l’An II – j’ai tout de suite pensé à « l’An 01 », ce film de Jacques Doillon, Gébé, Alain Resnais et Jean Rouch, qui regroupe un bon paquet d’acteurs bien connus aujourd’hui. Réalisé en 1973, il véhicule des idées tout à fait transposables à 2013 : il invite à faire un pas de côté, à tout arrêter et propose avec humour une réelle réflexion sur le devenir de la société de consommation et le productivisme, sur l’écologie et l’utopie, loin, très loin des préoccupations de notre cher président.

« L’An 01 » et « l’An II » ont ceci en commun qu’ils sont politiques, mais on en apprend probablement beaucoup plus dans « l’An 01 » que dans « l’An II » qui est en train de commencer, c’est pourquoi plutôt que d’écouter la bouche ouverte les médias qui nous martèlent d’expressions aussi inutiles que les bonnes résolutions, je vous invite à regarder « l’An 01 »…

Curiosités féminines

Au Cabinet de Curiosités Féminines, on vient causer plaisir féminin avec d’autres femmes, on vient écouter d’autres expériences, on vient collecter des infos sur la thématique du jour… Pour la première, le 8 mars 2013, une petite dizaine de femmes se réunissaient autour d’Alexia et Camille-Emmanuelle, ambassadrices du cabinet et créatrices du projet. La tenue chic et sexy n’était pas de rigueur, mais visiblement elles avaient décidé d’être belles. Dans cet appartement chic du 18e arrondissement de Paris, bien installées dans leurs fauteuils et nourries aux biscuits apéro, au blanc et au rouge, ces dames ont laisser leurs langues se délier pour parler plaisir solitaire…

Merci à l’hôte secrète de l’appartement ainsi qu’à l’équipe du Cabinet de Curiosités, et puis évidemment aux participantes de l’atelier qui ont accepté sans sourciller la présence du micro…

Découvrez ici l’article de Lauren Provost, journaliste au Huffington Post, également présente lors du premier Cabinet de Curiosités Féminines.

Et puis, sur le même sujet mais sur un tout autre ton, Le Moineau Phonique est fier de vous annoncer qu’il a travaillé avec France Culture et que son documentaire « Mon Corps, le Plaisir et Moi » a été diffusé sur les grandes ondes mardi 23 avril à 23h et qu’il est podcastable et écoutable ici… Fruit de longs mois de travail, ce documentaire donne la parole à des femmes et à des hommes sur le sujet encore trop tabou de la masturbation féminine…

Photo : Joran Tabeaud

Homophobie ordinaire?


« Vous ne passerez pas les portes du paradis », c’est ce qu’a dit un vieux monsieur à une moins vieille dame après qu’elle m’ait confié que l’amour entre deux personnes du même sexe, c’était acceptable, même si bon, c’est un peu déviant quand même…

Curieuse comme je suis, je n’ai pas pu m’empêcher d’aller traîner mon micro à une manifestation anti mariage pour tous organisée à Lyon le 17 novembre dernier…
Je vous laisse découvrir les argumentaires et autres pulsions réactionnaires de la France bien pensante en pleine manif bon enfant… ça fait froid dans le dos !
Souriez, vous êtes clichés !

Photo : Gay Pride, Avenida Paulista, Sao Paulo, Juin 2007

Comment s’en sortir dans un monde cruel comme celui-ci ?

 Depuis la tendre enfance, on sait que l’être humain se construit de récits.

Le cinéma, les livres sont du récit et l’information qu’elle soit filmée, écrite ou orale est elle aussi en plein dans le monde des Histoires.

C’est bien ce qui nous différencie des autres êtres vivants, si l’on exclue les méthodes de communication telles que les chants, les sonars, les cris et autres gestuelles animales.

 On commence d’abord par recevoir des récits essentiels ou des éléments nous expliquant « ce que je fais là » et comment fonctionne le monde : ceux des parents.

Cela nous permet de situer, construire une image de nous même, des références, des points de comparaison pour comprendre autrui.

Par la suite, lorsqu’on devient soi-même producteur de récits, on tisse et on brode, on chantonne le monde à sa façon.

Un peu plus tard d’autres s’efforcent de parfaire votre éducation, de vous injecter différentes Histoires dans l’esprit par la force et l’effet de masse.

Que faire ???

1) Restez calme

2) Prenez votre courage à deux mains, lisez, écoutez, ou encore regardez quelques journaux, radios ou télévisions qui se présentent à vous.

3) Faites une liste des choses qui vous ont semblé étranges (la qualité de l’expression, le manque de diversité de l’information, le ton employé, l’importance ou non de l’information dans votre vie et, à plus large échelle, celle de ceux de votre entourage, puis à l’échelle de l’évolution humaine.

4) Demandez-vous : « est ce que j’aurai choisi ce sujet » ou alors « l’aurai-je traité autrement ? « L’aurai-je écris autrement ? » « Est-ce si difficile de faire mieux ? »

 5) Cela vaut-il vraiment la peine d’être lu, regardé, écouté ? Qu’en ai-je retiré ? Cela va t-il m’aider à avancer, à faire un monde plus beau, plus intelligent, plus humain ?

 6) Quand vous aurez médité à ces questions, prenez ce journal et ôtez lui ses feuillets un à un. Si c’est une télé, une radio, démonter le ou la pour voir si il y a un problème de fonctionnement.

7) Faites-en des boules de 15 à 20 centimètres de diamètre et placez-les soigneusement dans votre poêle à bois.

8) Craquez une allumette et faites partir le feu.

 9) Dites merci à celles et ceux qui continuent de respecter le travail de journaliste et honorez-les en les lisant vraiment. En les soutenant.

10) Participez vous aussi et mettez tous vos talents au service d’une expression éclairée, libérée de conflits d’intérêts, d’ego ou de pouvoir…

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Il y a quelques mois se déroulaient les Assises du journalisme, dans l’Ouest.

France Culture s’y rendait, couvrir l’événement en 2 minutes.

Résultat des courses et résumé bref de l’état du journalisme en France : « il est formidable. »

La journaliste avait interviewé une algérienne et une tunisienne (ça donne bonne conscience), toutes deux acquises à la cause du problème : le journalisme français, c’est mieux que pas d’expression du tout, c’est vrai.