Socialement parlant on s’en fout!

Photo : G. Falgon

Au départ, c’est un processus trouble à bord duquel on se risque, où il faut se laisser délicieusement bercer. Ca tourne ensuite au feu d’artifice d’idées, lorsque l’on se délecte d’absurde et d’inconnu et que, dans le feu de l’action, l’on ne sait plus trop ce que l’on veut dire ni maîtrisons l’intégralité de ce que l’on fait, mais où l’on sait qu’on finira bien par retomber sur ses pattes. Et puis, quand vient le temps des essayages, du mâchouillage et des malaxages, que l’aventure continue et que tout prend sens, l’on se recentre et prend conscience qu’elle est vraiment enrichissante, cette expérience…

Lorsqu’une équipe de joyeux bidouilleurs de sons se réunit pour déconstruire leur vision classique et normée de l’interview, ils se retrouvent à naviguer sur les méandres vertigineux des voix et des paroles. Parfois, elles s’envolent et leur échappent, d’autres fois ils les capturent et les manipulent. Ca donne des situations cocasses, des mises en scène étonnantes, des questionnements surprenants, et pourquoi pas un résultat… intéressant ?


Ce son est un extrait de la création sonore issue de la formation « L’interview étendue » animée par Alessandro Bosetti en juillet 2014, dans le cadre de l’association Phonurgia.

Le montage est signé Aline, Lucinda et Eloïse, les prises de son sont de tout le monde : Déborah, Adeline, Cathy, Rémi, Caroline, Agnès, Maxim. Curieux, je vous invite à écouter « Qu’est ce que vous voulez que je vous dise? », la pièce dans son intégralité.

Macho Man

A l’écoute des singes hurleurs dans la forêt au Nicaragua, j’ai pu observer de fascinantes similitudes avec certains êtres humains de sexe masculin.
Au premier abord, on pourrait croire à un énième reportage animalier, mais si l’on tend bien l’oreille, l’on peut rapidement comprendre le fond de mon propos. Nous, êtres humains, faisons parfois preuve d’animalité, de primarité, d’excès d’instinct…
Saurez-vous distinguer l’homme du singe ?

« Macho Man » sera diffusé en séance d’écoute au festival Longueur d’Ondes de Brest qui se déroule du 27 janvier au 1er février 2015.

Loire

Se déplacer à un rythme humain et prendre le temps de prêter l’oreille à la vie, Sophie Berger l’a fait avec « Loire », un retour aux sources du fleuve, au fil du son, jusqu’à Nantes. Une démarche sensible pour une marche lente, dans un monde moderne qui perd de son sens. Ca vaut le coup de prendre le temps de l’écoute… Elle a reçu le prix Pierre Schaeffer 2013 et a été interviewée par Radio Campus Paris.

Réunion au sommet

Tôt le matin, m’exprimer n’est pas la priorité. J’ai plutôt tendance à divaguer, mi ensommeillée, me replongeant dans mes rêves tout juste digérés.
Ce jour-là, les conversations des oiseaux de la Lagune de Apoyo au Nicaragua m’ont tiré du lit. Micro en main, je suis restée plantée au pied d’un arbre, à me demander quel était le sujet de la discussion, bien plus animée que les autres matins…

Migration cacophonique

Au Nicaragua, dans les « chicken bus », on peut ouvrir l’oeil mais le plus efficace reste de tendre l’oreille et de faire le tri… Plongée en univers sonore riche en matières…

Le marché de Masaya est aussi un terminal de bus. En attendant le départ pour la Lagune de Apoyo, les vendeurs ambulants vont et viennent…

 

 

Paroles en l’air

Photo : G.Falgon

Après une longue marche, étourdi par la fatigue et grisé par l’expérience de la bulle de nature, s’assoir dans la forêt tropicale nuageuse et se laisser d’abord surprendre puis transporter par les chants étonnants des oiseaux invisibles…
Ecoute au casque vivement conseillée…

Ils sont électriques et téléphoniques, mes sons bel et bien naturels de Selva Negra au Nicaragua.

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Tour(isme) en Baie d’Halong


Qui a dit que le voyage était l’occasion de s’ouvrir au monde ?
Ne peut-on pas voyager en restant enfermé dans sa bulle ?
N’est-ce pas encore une occasion de s’enrichir sur le dos de braves gens ?
A force de vouloir rencontrer, découvrir, mélanger, ne sommes-nous pas en train de tout uniformiser ?
Finalement, voyager, n’est-ce pas foncer droit dans le mur?


Mon petit diable de lucidité aurait tendance à penser ça et pourtant, je continue à voyager. J’aime ça. Je me dis que je le fais avec respect et ouverture, comme probablement la majorité des touristes qui pervertissent le monde…

Face à mes questionnements, je me débats dans les eaux troubles de la baie d’Halong, au Vietnam, entre auto-dérision et bonne conscience…
Cette chose sonore est à l’image de mes interrogations, glissante et flottante. Tantôt profonde, tantôt en surface, elle donne à entendre mes incohérences…

« Tour(isme) en Baie d’Halong » a été diffusé lors du festival Rendez-Vous Du Carnet De Voyage 2013 à Clermont Ferrand et à la Semaine du Carnet de Voyage à Saint Céré dans le Lot au mois de mars 2014.

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« Comment j’ai perdu mon père »

« Comment j’ai perdu mon père », c’est un docu-fiction rondement mené, triste et beau, raconté par Gabrielle Edelman, une fille qui fait revivre, à travers les témoignages de ses proches, la difficile histoire de son père, chirurgien malade du sida. Scotchant.

Sers moi un rêve – RadiOnirisme n°1

On a tous rêvé un jour, une nuit.
Et vous, de quoi rêvez-vous ?
Françoise nous livre ici ses aventures sur l’oreiller :
crêpe relationnelle, tondeuse à gazon ou encore couverture en laine…

Premier épisode de la série radiOnirique « Sers moi un rêve ».

Devenir soi

Un samedi de septembre où il faisait beau et bon vivre, j’ai arpenté les ruelles de Cluny avec mon micro. Cluny semble être une ville faite de convergences spirituelles, artistiques et culturelles, dont l’abbaye magnifique est bien connue en Europe et dont les Arts et Métiers attirent plus d’un étudiant…
En effet Cluny est une ville très belle, baignée d’une âme singulière.
C’est ce matin là, glacial et ensoleillé, au marché, dans les ruelles remplies d’Histoire, dans le cloître de l’abbaye, que j’ai posé cette question aux passants : « Qu’est ce que, pour vous, devenir soi-même » ?
Surprenante question, la plupart du temps, pour tout les passants, mais rarement esquivée.
Tout le monde ou presque se sent concerné par le Devenir Soi, mais tout le monde ne l’entend pas de la même façon…

Pour moi, le Devenir Soi se fait écho de grandes qualités humaines, cultivées pour soi et les autres.
Ce même Devenir qui nous pousse dans un mouvement perpétuel de l’esprit et du corps, souffle qui dans l’art de vie nous mène à « résonner » un peu mieux, en sympathie avec nous-même, avec ceux qui nous entourent.
Ecouter, regarder, sentir, toucher, goûter à pleins sens qui je, tu, nous sommes profondément.
Quête d’harmonie ? Art de s’émanciper ?
Il semble qu’il est nécessaire de faire place en soi-même pour accompagner ce mouvement vers le Devenir.
Ecouter en soi et venir à la rencontre pourraient en être le début.